Il n’y a pas que les monuments de pierre qui sont intéressants… !
J’aime aussi les monuments vivants ! Tandis que le monument humain est lentement rongé par le temps, le monument vivant s’élève, se développe ; il est en perpétuelle construction et sa durée de vie dépasse parfois celle des monuments construits par les humains !
A Paris, tout près de la cathédrale Notre-Dame, au pied de la charmante église Saint-Julien-du-Pauvre, se trouve le plus ancien arbre de Paris. C’est un robinier faux-acacia (robinia pseudoacacia) planté en 1601 (ou 1620 selon d’autres sources). Il porte le nom de deux botanistes des rois de France, Jean Robin (1550-1629) et son fils, Vespasien Robin (1579-1662), qui ont contribué à l’acclimatation de cet arbre en France.
Le robinier est un arbre d’origine américaine que l’on trouve sur la côte est des Etats-Unis, en particulier dans l’Etat de Virginie. Les arbres d’origine américaine sont nombreux en France : érable, liquidambar, robinier, séquoia, tulipier, … Ces arbres sont généralement sublimes. Leur grandeur, leur grand âge et leur origine exotique les rendent particulièrement attachants et porteurs de nos rêves.
Le robinier près de l’église Saint-Julien-le-Pauvre… que je l’aime cet arbre !!!
Il est rassurant ; par son âge il représente une certaine stabilité, une forme d’éternité.
Cet arbre je l’ai montré à tous les êtres que j’aime. Pour moi il a une valeur symbolique et affective très grande. Ces sentiments étaient inconscients au départ… ils sont devenus conscients depuis.
Pourquoi ai-je eu toujours l’envie de montrer cet arbre aux gens que j’aime… ? C’est arrivé exactement cinq fois. La dernière fois c’était mercredi dernier où j’étais sous cet arbre avec toi… J’avais déjà depuis plusieurs mois commencé une note sur cet arbre et j’ai voulu enfin la publier.
J’y ajoute un poème écrit pour toi en souvenir de cet instant de grâce si éphémère où tu étais près de moi au pied de cet arbre vénérable :
J’aimerais être ce grand arbre là,
Exilé des vastes forêts de Virginie.
Développer d’innombrables bras
Pour te serrer bien fort, mon Ami ;
Pour que ma douce ombre tutélaire,
Te couvre tendrement, mon Frère.
Tel ce vieil arbre presque éternel,
Jusqu’à ma mort je te serai fidèle,
Celui qui, toujours là, te protège,
Et qui tes peines et soucis allège ;
Celui auprès duquel tu te reposes
Et auquel tous tes secrets tu oses
Dire naturellement et sans orgueil,
L’âme nue telle l’arbre sans feuilles.
Ses lignes et sa majestueuse cime
S’entremêlent avec l’azurée abîme,
Si douce promesse d’un lien solide
Qui doit être le seul et vrai guide
De notre lien d’affection croissant.
La sève de cet arbre est notre sang.




