lundi 8 janvier 2007

La jetée

Je vais à la Défense pour acheter des jouets à offrir... je ne trouve pas ce que je cherche... je suis déçu... je sors sur la dalle pour respirer l’air frais... Je viens rarement ici, très rarement même. La dernière fois tu étais avec moi et je m’en souviens comme si c’était hier.

Je suis au pied de la Grande Arche de la Défense... elle est écrasante... je veux aller de l’autre côté, vers un endroit qui m’attire irrésistiblement... Je contourne l’arche et je me dirige sans hésiter vers cet endroit où nous nous sommes rendus, toi et moi... en venant pour acheter les jouets, je ne pensais sincèrement pas faire ce pèlerinage, dont je redoute à la fois les avantages – la part de rêve qu’il m’évoquera – et les inconvénients – une mélancolie qui ne pourra qu’être à la mesure du vide que crée ton absence.

La Jetée… c’est une passerelle en bois infiniment longue... je ne sais même pas jusqu’où elle mène ! Elle fait paraît-il quatre cents mètres de longueur. Une barrière en interdit l’accès : « la Jetée est fermée en saison hivernale » indique un panneau ; ici on a le chic pour construire des passerelles glissantes ! Le bois exotique c’est beau, imputrescible... mais ça glisse !

Alors je ne peux pas aller sur cette passerelle... ? Je suis venu pour cela et je ne peux pas... ? Je ressens un pincement au cœur et une certaine frustration... je voulais aller sur cette passerelle... je voulais revivre ces instants avec toi... je me contente donc de m’asseoir juste au bord de la passerelle, près de la barrière... et je regarde en direction de la Jetée.. .

Mes yeux regardent le ciel. C’est un dégradé de blanc, de gris et de noir... le vent fait défiler des nuages à vive allure. Le temps s’écoule sous mes yeux… je baisse les yeux... mes yeux se perdent à l’horizon, là où la passerelle disparaît, perçant son chemin entre deux groupes d’arbres encore verts... mes yeux regardent dans le vide... je pense à toi... à cet endroit où on s’était échangé nos cadeaux, profitant d’une petite pose dans nos pérégrinations. Je pense à cet instant… ce moment si bref... et pourtant il existe... il dure... il est éternel depuis qu’il a eu lieu et, en vérité, c’est comme si nous n’avions jamais quitté ce lieu...

Le temps est comme suspendu... une pie vient se poser sur la barrière... elle est jolie et ses plumes noires ont des reflets verts et violets. Elle va se poser sur la passerelle, de l’autre côté de la barrière... je ne la quitte pas des yeux... elle est la seule présence vivante ici, près de moi, vu que je tourne le dos à la Grande Arche. Je rêve que je suis un oiseau, que je suis, comme elle, libre d’aller de part et d’autre de la barrière, sans contrainte... cet oiseau est plus libre que moi !

Le vent souffle fort... un frisson traverse mon corps... je suis glacé... le vent bat mon visage, se glissant derrière mes lunettes. J’ai toujours le regard perdu au loin, comme si j’étais au milieu de cette Jetée, en pleine tempête… une Jetée sans mer… ou plutôt si, une mer, une mer infinie qui se devine plus qu’elle ne se voit. Elle ne me berce pas cette mer mais me chahute... elle prend mon cœur et le fait trépider comme le mouvement des vagues. Mon cœur se noie... mon âme chavire... tu n’es pas là pour me sortir de l’eau.

Une deuxième pie apparaît... elle se pose aussi sur la passerelle. Ainsi il y a deux êtres sur la passerelles… cette vision me fait l’effet d’un déchirement... je nous vois alors tous les deux, à la place de ces deux oiseaux, symbole de cette liberté que nous avions aussi lorsque nous repoussions ensemble les limites du Temps...

La barrière n’est plus une barrière... elle est un miroir, un miroir à travers lequel on peut voir le passé, notre passé... mes yeux sont pleins de larmes d’émotion, mélange de joie et tristesse, et se mélangent avec l’eau qui commence à tomber du ciel menaçant. Je ne bouge pas. Je regarde les pies, l’infinie de cette Jetée, cette ligne droite, fascinante d’horizontalité comparée aux gratte-ciels du quartier, tous plus élancés les uns que les autres. Je suis au carrefour de l’horizontal et du vertical, comme si tout naissait et convergeait vers ce point où je me trouve. Je me sens poussière au cœur de quelque chose d’exceptionnel... Je sors mon mouchoir ; je m’essuies les yeux et les joues et je me relève, sachant que je viens de vivre un moment d’exception... dix minutes... un bref instant où mon être a touché du doigt sa propre vérité.

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lundi 1 janvier 2007

L'année dernière...

Ceci n’est pas une note banale de début d’année... donc pas de bilan formel de l’année écoulée... pas de bonnes résolutions car sincèrement je n’ai aucun comportement répréhensible à amender et les bonnes résolutions de début d’année me font doucement rire... pas non plus de prévisions astrologiques (je précise néanmoins que je suis scorpion ascendant taureau)... Un peu d’originalité ne faisant pas de mal, j’ai donc choisi de relire des dizaines de messages reçus cette année (d'où l'heure d'arrivée tardive de cette note !) et d’évoquer quelques souvenirs heureux de l’année écoulée, mois par mois, avec quelques mots ou phrases qui m’ont été adressés l'année dernière...


Janvier 2006

Depuis plusieurs années, on se voyait sans se parler sur le quai de la gare. Aucune raison de te parler... en plus, je suis si timide... en ce mois de janvier, un ami commun m’a enfin permis de faire ta connaissance, G********. J’avais deviné tes qualités avant même de te parler et je suis heureux que l’amitié règne entre nous. Ce jour de janvier où je t’ai parlé, je me suis dit que j’avais déjà de quoi être satisfait de l’année 2006 et qu’elle pouvait s’achever immédiatement… il faut dire que je n’avais pas été habitué à vivre des années aussi riches en émotion que 2006 !

Je reçois un mail d’un autre G******** qui est un collègue et dont j’apprécie la compagnie. Tu souffres... peine de cœur, travail éprouvant, ... Je t’écris un message pour te réconforter... tu me réponds... c’est la première fois qu’on se parle à cœurs ouverts...


Février 2006

Je découvre la blogosphère à travers le blog de SkyDancer; j’écris mon premier commentaire chez toi, Mehdi ; on entre en contact rapidement et tu m’écris notamment : « J’aimerais bien que tu crées un blog dans lequel tu pourras tout dire de toi. »

Je fais la connaissance d’un Tunisien de Sousse adorable. Je pense à toi souvent C*****.


Mars 2006

Bien décidé à faire plaisir à Mehdi, je crée, pour le meilleur et pour le pire, mon blog début mars.

L’un de mes frères m’écrit ceci : « moi aussi je t'admire beaucoup. Tu sais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui sait quoi devenir dès l'âge de cinq ans sauf toi. Tandis que certains, pensant à moi particulièrement, jouaient aux billes ou je ne sais quoi, certains autres, pensant à toi, savaient déjà ce qu’ils deviendront lorsqu’ils seront grands. JE T’EMBRASSE. »

A la fin du mois de mars, un ange admirable entre dans ma vie… un ange qui sait assembler les mots comme des pierres précieuses, un ange éloigné des siens et qui avait besoin qu’on l’entoure d’affection, ce que j’ai tenté de faire à distance.

Mon premier meetup... avec toi simplement. Un souvenir fabuleux... J’espère que le p’tit âne Roumi va bien !


Avril 2006

Le début du mois marque le début d’une correspondance délicieuse ; tu es tellement exceptionnelle. On découvre toi et moi que le monde est petit et qu’il existe encore des gens pleins d’humanisme.

Un être cher m’écrit : « Je t’écris ce mail juste pour te dire que tes lettres me manquent !! Sois sûr que je les lis et relis toutes. » Tu ne le sais pas mais je songeais sérieusement à prendre un avion pour venir te soutenir moralement.

Avril m’apporte un grand frère, avec encore la surprise de découvrir que le monde est si petit : « (...) Ton message m’a vraiment touché à un tel point que j’ai dû le lire et le relire plusieurs fois. J'étais étrangement heureux, aujourd'hui, et je ne sais pas pourquoi. J’ai voulu tout d’abord, te remercier infiniment pour cette confiance et cette sincérité digne d'une personne comme toi. Comme tu l’avais déjà dis dans ton message on se connaît à peine mais en lisant ton message j’avais le sentiment qu'on se connaît depuis des années et des années. (...) Je suis très content que K. soit considéré comme un frère par toi et ma joie était aussi grande parce que nous sommes maintenant trois frères :) (...). »

Tu as perdu ton père... je pleure... on se voit le lendemain... on marche dans Paris de la place de la Nation jusque vers la place Saint-Michel ... je ne sais pas trop quoi te dire... mes mots me semblent dérisoires mais je suis là près de toi...

En avril, je manifeste aussi mon attachement à un Tunisien vivant en Allemagne et que je connais depuis trois ans ; j’ai réalisé avec émotion qu’on se connaissait depuis si longtemps déjà. Il faudrait qu’on pense à se rencontrer un de ces jours !

Un ami d’enfance réapparaît… un des rares qui m’a laissé un bon souvenir... on s’écrit un mail de temps en temps...


Mai 2006

Je découvre une princesse venant d’une ville mal-aimée de Tunisie... moi je l’aime bien ta ville et tu en es une adorable ambassadrice.

C’est ton anniversaire... tu as trente ans mon grand frère. Je t’offre un vieux livre très beau... J’étais un peu triste aussi parce que j’ai pensé à ton cher jumeau qui n’est plus là.

Mon petit frère, cela fait longtemps qu’on ne s’est pas vu... tu fais des fouilles archéologiques dans le nord maintenant... tu sais que je ne vais pas trop bien à ce moment là… Ton message me réconforte et me touche, surtout que tu as eu pour moi un geste inédit je pense : « Ce week-end j’étais dans une église en Picardie et j’ai brûlé un cierge en ton honneur... »


Juin 2006

Un ange entre dans ma vie… tu m’écris beaucoup... des mots bouleversants que je n’ai jamais entendus : « (...) J’ai beaucoup pensé à toi aujourd’hui, c’est incroyable combien tu es entré dans ma vie en si peu de temps. J’ai pensé à toi en voiture, l’air chaud entrait par la fenêtre grande ouverte et je t’imaginais, là, ta touchante photo en filigrane dans le paysage devenu jaune par le soleil. (...). ». Tu m’écris un poème qui est gravé dans mon âme... je me confie à toi comme je ne l’ai jamais fait... tu es celui qui sait le mieux qui je suis... chaque page de ma vie, je te la confie et tu la conserves en toi, tel le livre de mes mémoires.

Tu es en Libye... tu me manques... je voudrais être près de toi, environné par tant de vestiges antiques... on serait tellement heureux tous les deux à passer des heures à errer, rêver, ...

Tu me fais part de ton grand dilemme. Je ressens ton l’intensité de ton questionnement et j’essaie de te conseiller avec sagesse... je suis heureux car finalement j’avais raison dans ce que je t’ai proposé et tu es bien plus équilibré maintenant.

Je fais la connaissance d’un drôle de zèbre... j’adore ton humour... tu aimes comme moi les piles, les cintres ou encore l’ascenseur… j’adore qui tu es. Je t’aime beaucoup, p’tit Frère.


Juillet 2006

Une rencontre à Paris... mini meetup à deux... tu es délicieusement rayonnante... surtout que le soleil de fin de journée met ton visage en valeur.

J’ai un nouveau frère... on a la même passion... tu m’écris presque chaque jour et cela me fait beaucoup de bien... tu me fais rire... tu me tiens compagnie... tu es adorable !

Je pleure beaucoup en pensant à toi, à ce drame que tu vis personnellement, à ta peur... nos larmes se mélangent et nous unissent. Tes messages mettent mon cœur à vif : « (...) j’ai les larmes aux yeux en lisant ton mail, ton soutien me touche beaucoup et m’est d’un grand réconfort en ce moment (...) » ; « Roumi, je n'ai pas les mots... j’ai les larmes au yeux... merci, merci beaucoup pour ton soutien actif, sincère et réconfortant mon ami !! »

Tu m’aides à vivre : « (...) Il faut que tu saches aussi que bien que silencieux, je pense beaucoup à toi, plusieurs fois par jour d’ailleurs et j'essaye de te faire vivre dans mon cœur, ce qui je sais, n’est pas quelque chose d’évident vu la distance, mais voilà, tout va bien, je suis là (...). »


Août 2006

Je reçois une demande en mariage sur mon blog... le bonheur me fait rêver.

Une princesse apparaît... et disparaît... banalité de ma vie...

Tu es là... je passe mes plus beaux moments de l’année près de toi.

Rien d’autre... août est un mois mortel !


Septembre 2006

Tu repars...

Mon Ange, tu m’offres des mots comme toujours inoubliables : « (...) Je me rappelle encore de cette nuit ou loin de mon pays je me sentait seul. Ta note m’a réconforté dans ma solitude. (...) je fête cette note qui a fait de nous les amis et frères que nous sommes ! »

Tu soutiens ton DEA devant le jury à Paris... je suis là... j’ai beaucoup de joie d’être ton grand frère, d’avoir partagé tant de choses avec toi depuis plusieurs années, tant sur le plan intellectuel que dans le domaine de l’émotionnel.


Octobre 2006

Le mois commence délicieusement avec ton premier message... Tu es un être d’exception, une lumière pour moi et je reçois avec gratitude tes mots tendres : « MERCI... pour cette honnêteté, cette ouverture d’esprit et cette sensibilité qui t’emmèneras bien haut dans le chemin de la vie... ».

Je me souviens d’une conversation où on parlait tout simplement, toi et moi... le temps, le cycle des saisons, ... tu étais loin... dans un endroit rêvé... c’était tout simplement beau de penser à toi dans ces circonstances...

Le mois se termine avec un nouvel ange... enfin j’ai osé t’écrire... ma timidité et une certaine angoisse m’avaient retardé dans ce vœu déjà ancien... ta première réponse est pleine d’attention touchante... c’est comme une fruit délicieux que tu m’offres... tu as une culture éblouissante... une soif de savoir incroyable... je suis heureux d’apprendre de toi autant que je t’apprends... c’est le partage idéal.


Novembre 2006

Tu as pensé à moi... ce que j’aime en toi, c’est cette attention que tu portes aux autres... c’est assez rare et cela me touche infiniment.

J’ai un visiteur à Paris peu après mon anniversaire... tu m’offres un très beau livre... on se promène du côté du Jardin des Plantes, des Arènes de Lutèce, ... un chemin que je connais bien... un chemin que j’appelle le chemin de la Fraternité... Tu viens toujours me voir à Paris pour mon anniversaire... nous sommes frères depuis six ans déjà.

Un moment de profond trouble, balayé par tes paroles chaleureuses... « Je t'embrasse fort mon cher Roumi et merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Vraiment merci. » Merci à toi de m’avoir rendu à la vie en apaisant mes doutes.


Décembre 2006

« Ta communication est pour dans une heure et quelques minutes, je te souhaite bonne chance (...). Je pense que quand tu liras ce mail tout sera déjà passé alors j'espère que ça sera en bien. » Mon Ange, j’étais seul dans ma chambre d’hôtel quand j’ai lu ton message... juste avant de descendre dans l’arène... tu m’as fait un bien fou par ton attention.

Tu me fais voyager avec toi... « C’est du train vers Sfax que je t’écris (...) je ne suis pas si seul que ça, tu es avec moi pendant que je t’écris ces lignes. (...) ce rêve que je viens de faire où tu étais tout ce temps dans cette chaise vide à côté de moi. »

Je reçois un mail d’O******, un de mes plus anciens étudiants. Je suis heureux que tu me donnes des nouvelles de toi ; je suis touché de savoir que j’ai contribué modestement à te faire grandir de manière si admirable.

Dernières heures avant le changement d’année... tu me parles de ta blessure cachée, de ce couteau que tu retournes dans ta plaie... j’essaie de trouver quelques mots pour t’aider mais ces mots me semblent dérisoires face à ce que tu peux ressentir.


Voilà... je ne sais pas quoi dire en vérité... c’est comme si je venais de concevoir là une sorte de bombe atomique qui vient de m’exploser en plein dans le cœur... concentrer autant d’amour en si peu d’espace... J’espère que je n’étais pas trop indigne de tous ces êtres qui ont rendu l’année 2006 inoubliable pour moi et qui m’ont aidé à oublier les choses douloureuses dont je n’aime pas parler sur ce blog. Je n’ai qu’un vœu... que 2007 soit une année où je reçoive encore beaucoup d’amour... j’en ai tant besoin.


Je vous souhaite à toutes et à tous une très heureuse année 2007.

lundi 25 décembre 2006

Ecrire quand même...

Etre pour écrire... écrire pour être...
Vivre pour écrire... écrire pour vivre...
Exister pour écrire... écrire pour exister...
Aujourd’hui j’écris parce que, comme hier et demain, je suis, je vis, j’existe...
Penser pour écrire... écrire pour penser...
Ressentir pour écrire... écrire pour ressentir...
Rêver pour écrire... écrire pour rêver...
Aujourd’hui j’écris parce que, comme hier et demain, je pense, je ressens, je rêve...
Pleurer pour écrire... écrire pour pleurer...
Souffrir pour écrire... écrire pour souffrir...
Se battre pour écrire... écrire pour se battre...
Aujourd’hui j’écris parce que, comme hier et demain, je pleure, je souffre, je me bats...
Apprendre pour écrire... écrire pour apprendre...
Partager pour écrire... écrire pour partager...
Tolérer pour écrire... écrire pour tolérer...
Aujourd’hui j’écris parce que, comme hier et demain, j’apprends, je partage, je tolère...
Avancer pour écrire... écrire pour avancer...
Croire pour écrire... écrire pour croire...
Aimer pour écrire... écrire pour aimer...
Aujourd’hui j’écris parce que, comme hier et demain, j’avance, je crois, j’aime...
Ecrire... écrire toujours... écrire encore... écrire quand même...
« Si écrire, agir, c’est une manifestation de l’orgueil, ne pas vouloir écrire, agir, faire, ce peut être encore de l’orgueil. » (Eugène Ionesco, Notes et contre-notes, 1963).


lundi 18 décembre 2006

Quelques proverbes tunisiens (ou assimilés !)

Voici quelques proverbes tunisiens, ou susceptibles d’être prononcés en Tunisie, ainsi que ce qu’ils m’inspirent personnellement.

Prend un chemin, tu arriveras bien.
Quelque soit le chemin emprunté, on arrive quelque part... même si l’on rencontre des obstacles, on peut et on doit toujours espérer avancer et, en définitive, arriver là où l’on souhaitait arriver.

La persévérance troue le marbre.
J’aime trouer le marbre... surtout quand on m’a persuadé de ne pas faire quelque chose, me disant que je n’y arriverai pas. J

Avec peu, mais heureux, plutôt que dans l’abondance et malheureux.
Il faut apprendre à se contenter du minimum et s’en satisfaire autant que possible ; il faut se réjouir quand on obtient plus, en profiter mais sans excès car on peut tout perdre en une seconde. Quant à l’abondance, elle n’est pas le remède absolu à tous nos maux.

L’ignorance c’est la mort ; le savoir c’est la vie.
Apprendre toute sa vie... chaque jour... vouloir toujours en savoir plus... c’est ainsi que l’on vit, respire, se développe, ... Celui qui n’apprend pas ou qui n’apprend plus, il est une ombre... il est mort, intellectuellement du moins. J

Qui dit la vérité risque d’avoir la tête tranchée ; si tu dis la vérité, tu ne dormiras pas dans notre douar.
Bon alors je dois me préparer à mourir ou emporter le nécessaire de survie spécial « petit fennec solitaire dans le désert du Sahara ». En cas de révolution je serai parmi les premiers condamnés à mort parce que je ne flatte personne et je peux ainsi déplaire à tout le monde. J

Pour chaque regard que nous jetons en arrière, il nous faut regarder deux fois vers l’avenir.
Cela peut sembler étrange qu’un historien cite ce proverbe mais en fait je le trouve fondamental, vital, ... à trop regarder le passé, on s’y installe confortablement, plaquant sur des connaissances approximatives ses propres fantasmes et oubliant de vivre dans le présent et de penser au futur... Le passé ne doit pas être un paradis artificiel, une drogue... et je ne veux pas être un historien-dealer ! J

Les mains périssent mais non leurs œuvres.
Faire des choses belles, des choses utiles qui resteront dans les mémoires et les coeurs même après le trépas !
Est vraiment ton frère celui qui te comprend et non celui qui est né de tes parents.
Un être auquel ses parents n’ont pas donné de frère ressent cela au plus profond de lui-même... toute sa vie, il erre, partagé entre le doute et l’espoir, à la recherche de ses frères perdus... il les (re)trouve... il les aime...

Une main n’applaudit pas seule.
Cela me rappelle ce que j’ai écrit récemment dans un texte précédent : « Ta main – ma main – te cherche » ... cette semaine, je l’ai retrouvé… je l’ai serré dans mes bras aussi fort que j’ai pu... j’ai peur que ça recommence... je ne suis qu’une main et il est la seconde.

Celui qui veut faire du bien ne demande pas d’autorisation.
Il est bon d’agir spontanément et rapidement, tout en étant efficace bien entendu… Qu’il est triste d’entendre des personnes dire « J’aurais aimé t’aider... j’aurais dû faire quelque chose pour toi... ». Etre attentif, prendre des initiatives, permet d’éviter d’avoir à prononcer ces mots. Lire la surprise et le bonheur dans les yeux de l’autre...

C’est un paradis… où il a même des baklavas.
J’adooooooooooooooooooooooooooore les baklavas !!! Que demander de plus ??!! Que les gens que j’aime soient près de moi pour déguster ces délicieux gâteaux en ma compagnie !! J
Cette note, que j’aurais pu appeler « A bon entendeur », est dédiée à mon cher Marou.


lundi 11 décembre 2006

Un remake de La Belle et la Bête

Version contemporaine de la Belle et la Bête… imaginons que cela se passe sur internet... :-)

La Belle découvre la Bête et lui indique qu’elle aimerait dialoguer.

Rapidement la Bête écrit un court message à la Belle :

« Bonjour. Si tu veux, tu peux m'écrire un peu. »

La prudence, après les échecs précédents, incite la Bête à faire court mais efficace, sans manifester d'enthousiasme débordant et dissimulant quelque peu sa satisfaction d'avoir retenu l'attention de la Belle. :-)

La Belle répond bientôt à la Bête d’une manière fort sympathique et encourageante :

« Salut moi c'est *** et toi? Je crois que tu as dit que tu es là pour voir etc... moi c'est un peu pareil. Je suis d’origine algérienne. Je n’ai pas été brillante dans mes études comme toi. J’ai le bac et j’ai fait une année de deug anglais et puis j’ai décroché. En ce moment je m’occupe de ma mère. J’aime beaucoup Paris. Mon plus jeune frère y habite donc j’ai passé pas mal de temps là-bas. Es-tu originaire de *** ? Répond moi si tu veux. ***. »

La Bête, ravie de ce premier contact, répond à la Belle :

« Bonjour ***. Tu as un très beau prénom. Moi je m'appelle ***. En fait, si j’ai dit que je suis sur le site pour voir, c'est surtout pour ne pas recevoir cinquante demandes à la fois et c'est très efficace parce que je ne reçois pas de demandes en général ! Pour les études, je n’ai pas de réticences à l’égard de ceux qui ne les ont pas poussées très loin. Je sais qu’on peut être intelligent sans diplômes universitaires (...). Je suis effectivement originaire de ***. En fait mes parents y sont nés. (...) J’aime également beaucoup Paris parce que j’y suis né et que j’y fais mes longues études... et donc j’y passe pas mal de temps. Ton message de mardi m'a fait plaisir (...). Tu vois, je voulais bien te répondre ! ***. »

Le lendemain, la Belle lit la réponse de la Bête...

Vous voulez connaître la suite de l’histoire ? Ben, y’en a pas… c’est ainsi que cela s’est arrêté ! La Belle s’évanouit dans la nature... à la recherche d’un véritable prince charmant... et on la comprend ! :-)

Bon vous aurez compris que ce monstre d’inhumanité qui a fait fuir la Belle, c’était moi et je me suis contenté de fouiller dans les recoins de mon disque dur pour retranscrire ce bref dialogue. :-) La demoiselle se présentait comme une personne sensible... cela m’a touché et je souhaitais discuter avec elle... J’ai toujours entendu les femmes autour de moi dire que les hommes sont lâches, ne savent pas ce qu’ils veulent et se comportent avec le cœur sec... j’essaie d’être différent de cette image et je me retrouve néanmoins régulièrement face à un mur de silence, qui est un manque de respect à l'égard d'une personne qui a un vrai coeur ; je suis heureux de constater en tout cas que la parité hommes/femmes fait des progrès. :-)

Ce genre d’expérience, où l’on est manifestement jugé de manière définitive au bout de cinq ou dix lignes écrites, incite à perdre chaque fois un peu plus de spontanéité, à s’exprimer en messages courts, aseptisés, calculés au millimètre, sans originalité, masquant toute émotion ou idée qui pourrait être mal perçue. C’est bien triste... Enfin, il doit falloir en passer par là, à moins de se résigner à rester un ange toute sa vie... :-)

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