samedi 18 septembre 2010

La fin d'un cycle ?

Je reprends la plume virtuelle pour occuper un peu de cet espace qui m'a rarement inspiré ces derniers mois. Il est tout à fait regrettable que mon temps ait été aussi accaparé par le travail ; je persiste cependant à ne pas vouloir y poster ce que la facilité pourrait dans de telles circonstances me dicter : photographies, articles de presse copiés-collés, textes brefs tellement brefs qu'ils seraient sans substance.

Le cycle dont je parle, c'est sans doute celui d'un jeune homme qui d'étudiant "studieux" à chômeur désemparé est devenu pour l'heure un salarié débordé. Ce cycle c'est aussi cet attrait pour les blogs qui s'est sérieusement essoufflé ; il y a quelques années, il y avait une vie permanente... et je ne parle pas de mon blog où je ne publiais qu'une fois par semaine mais de bien d'autres où il y avait toujours quelque chose à lire et à commenter. Ce cycle ce sont ces amis connus sur les blogs et qui de virtuels qu'ils étaient le sont redevenus ; nous avons appris à nous connaître... nous nous sommes rencontrés... et puis chacun est reparti dans son coin avec le sentiment fallacieux d'être plus riche humainement parlant et de pouvoir capitaliser cela dans une sorte de banque nommée notamment Facebook... une banque d'épargne où le capital ne travaille pas ou presque, un peu comme le livret A français qui ne rapporte presque plus rien actuellement.

L'été aura justement été marqué par la désactivation de mon compte Facebook. Je ne pense pas manquer à grand-monde et je n'ai eu qu'un seul contact pour m'écrire personnellement et en parler simplement avec moi, tout en s'assurant que j'allais bien. La froide indifférence règne donc en maîtresse jusqu'au point de non retour, ce moment où l'on se sent plus étranger que familier d'un être pourtant cher. Si je me sens toujours apte à revenir vers ceux qui le souhaitent, il me semble que ce n'est pas le cas de tout le monde et que certains, parmi ceux qui se sont égarés, ne se sentent pas en mesure de reconnaître les bases des édifices qu'ils ont largement contribué à ruiner et s'atteler enfin à leur reconstruction, forts de l'expérience (mal)heureuse passée et de l'envie de se dépasser. On ne peut rien contre cette sorte de culpabilité qui mériterait d'être effacée au plus vite par des actes positifs.

Au fond, ce que je dis là et que je pense depuis un certain temps, ce n'est pas quelque chose qui serait simplement né dans mon esprit. C'est aussi ancré en bien des êtres. Je connais pas mal de gens qui n'ont pas Facebook ou MSN et qui ne comprennent pas à quoi cela leur servirait ; ils restent méfiants, attachés à certaines valeurs d'échange sans doute plus traditionnelles mais qui ont fait leurs preuves et demeurent effectives quand tant d'autres liens s'évanouissent dans le néant technologique. J'essaie d'expliquer quand on me le demande ce que sont ces outils et à quoi ils pourraient servir dans l'idéal, avec mesure et maîtrise. J'ai essayé d'échanger un peu via Facebook notamment mais j'ai senti en définitive que je donnais à mes contacts du combustible pour ne pas revenir à des contacts plus personnels et directs... et sans doute aussi que de mon côté je me résignais malgré ma résistance à essayer de suivre la vie de mes proches de cette façon, faute de mieux, avec ce reflet désagréable d'un lien personnel noyé dans l'impersonnel, d'une mise en scène de sa propre vie avec des scènes composées, des allusions adressées à tel ou tel sans que chacun puisse les comprendre, ...

En cette rentrée, une ombre est venue s'abattre brutalement sur moi et elle n'est pas sans rapport avec ce que je viens d'exposer, ce qui me rend ce constat plus pénible encore. Je songe à toi, mon Cœur, qui viens de nous quitter... je songe à ton besoin quasi frénétique de collectionner des centaines de contacts sur Facebook et MSN... je songe à ton sentiment de solitude qui ne s'est pourtant jamais éteint en dépit de ces artifices... je songe à tout ce temps que tu as ainsi perdu et qui aurait été mieux employé pour les êtres plus essentiels à ta vie ainsi que pour donner libre cours à ton œuvre. Tu es en quelque sorte le symbole de ces âmes perdues en un temps quelque peu vidé de sa dimension humaniste et une technologie victime de son succès.

mercredi 4 août 2010

L'éternel recommencement

Aujourd'hui encore mêler mon souffle à ton âme,
C'est le dessein de ma Vie qui résonne en drame ;
Tu défailles, hélas, et ton ombre alors demeure
Ce linceul froid teint de la pourpre de mon cœur.

Espoir, sur mes lèvres assoiffées tu refleuriras
Pour illuminer le triste horizon de mon Sahara ;
Tel est mon rêve : ta peau, arc-en-ciel de satin,
Et ton nom, devenu précieux guide de ma Main.

Ce poème est à toi et pour que je me souvienne
De ton mystère, Bel Ange au regard obsidienne
Qui trace ce chemin parfumé au sein des étoiles.

Au point où le jour retombe comme un voile,
Et où s'épuisent tendrement les bras aimants,
Ces vers résonnent, éternel recommencement.

samedi 10 juillet 2010

Toi là-bas et moi ici...

Tu m'appelles et je reste sans voix... c'est pourquoi je ne décroche pas. Premier appel depuis sept mois... je me demande si le record n'est pas battu cette fois. Tu rappelles... je reste de marbre.

À quoi bon... ?! Je sais que tu ne m'appelles pas pour me donner rendez-vous ; on ne s'est pas vu depuis sept mois et, si tu tiens subitement à te rappeler à mon (bon) souvenir, c'est juste pour me parler de ton bonheur personnel, de ce qui t'attend toi et qui ne me concerne pas tellement en définitive.

Certes je suis ton frère... JE SUIS ton frère... tu n'es pas le mien... tu as toujours refusé cette réalité pour des raisons qui dépassent l'entendement. C'est comme avec A... qui pense qu'il est mon ami alors qu'il ne l'est pas ; je suis son ami en revanche, sans aucun doute, parce que je suis l'un des rares à supporter ses caprices quasi hystériques, ses manies grégaires ou encore sa "blonde-attitude". Il est donc des liens qui tiennent plus d'un côté que de l'autre ; pas étonnant donc qu'il s'agisse de conjugaisons bancales.

Je pense à toi, oui... moi aussi... je n'écrirai pas une lettre pour te le prouver... car cela ne prouve rien en réalité. C'est touchant, il est vrai, émouvant véritablement... mais cela ne change pas les faits : je n'existe plus pour toi. Tu me sors comme une vieille pièce du service en argenterie pour les grandes occasions et c'est tout.

Tu aurais aimé que je sois près de toi... non pas pour moi mais bien pour toi, pour cette illusion d'harmonie que cela t'aurait procuré, l'image d'un environnement en bon ordre à présenter à la face du monde. Tu sais combien je suis ennemi des conventions quand elles reposent sur le mensonge. Jouer le rôle d'ustensile sentimental n'est pas pour moi, même si cela doit perturber ton harmonie du moment et que cela amènera des commentaires.

Je vais rater un mariage, oui... mais ce n'est pas le mien de toute façon et je n'aime finalement pas tant que cela cet étalage de bonheur si conformiste, si égoïste aussi... ! C'est un drame que je ne sois pas là... mais je suis là les autres jours de l'année et sans qu'aucune attention me soit accordée. Alors à tout prendre, autant user pour une fois de la même logique que celle qui est tienne.

On n'en sort plus de ces malentendus sentimentaux... de ces gestes que l'on fait pour d'autres et sans retour. Un autre ami s'est réveillé aussi ces derniers temps, après un temps si long que je n'ose pas même le dire. Il a eu l'air de faire comme si de rien n'était et me demande lui-aussi de me rappeler... décidément, c'est une manie !

Et que dire de S... venu passer ses vacances à Paris et qui m'a royalement ignoré au point de venir même à quelques mètres seulement de mon lieu de travail. Les gens font de plus en plus n'importe quoi... ils veulent des amitiés kleenex notamment... il faut être là pour eux à la mondre occasion où cela les arrange... mais pas question de leur demander la moindre chose, pas question de compter sur le bon sens humain qui n'existe plus ou presque. Je comprends d'une certaine façon la propension de certains individus à se persuader que la solitude est une grande et belle chose... il vaut mieux peut-être s'habituer à elle avant qu'elle ne s'impose à nous de manière brutale par le silence et la négligence de ceux que l'on aime profondément et qui nous le rendent parfois si peu.

Chacun chez soi donc... en attendant que tu comprennes peut-être que la Vie ne consiste pas simplement à recevoir mais aussi à offrir de son temps et de son attention aux autres. Tu as beau dire que ce n'est pas ton fort, quelques efforts feraient déjà le meilleur effet.

dimanche 27 juin 2010

Ce qu'il me reste de toi

Que dire sinon que chaque déception reste une déception, LA déception... Même si l'on s'affermit avec les ans et au fil des expériences plus ou moins heureuses, il y a toujours ce goût amer qui revient, toujours aussi surprenant, jamais tout à fait semblable, de même d'ailleurs que le bonheur, sans cesse renouvelé, n'est jamais parfaitement identique malgré des circonstances parfois similaires.

Ce qu'il me reste de toi et de ce lien étrange qui t'a retenu loin de mes bras ? Un beau cadeau, je l'avoue... une somme poétique d'un "autre Roumi" (je parle de Jalal al Din !). Il s'agit du Divân d'Hâfez de Chiraz, un poète mystique persan du XIVe siècle, encore très populaire aujourd'hui en Iran. La traduction en français est de Charles-Henri de Fouchécour (éditions Verdier).

Il est assez étonnant cet ouvrage car on peut ne pas le lire du début à la fin mais simplement ouvrir une page au hasard... et on y trouvera toujours quelque chose de beau.
Quelques exemples :
"À l'assemblée qui fête la belle vie manque le parfum de l'objet désiré.
Souffle d'aube au doux respir, où est le musc des cheveux de l'Aimé ?"

"S'il te faut le soleil au milieu de la nuit,
de la fille de la vigne à face de rose découvre le visage !"

"Depuis que mon cœur errant est parti aux ondulations de Sa chevelure,
de ce long voyage il ne pense plus se rendre dans sa patrie."

"La rose aurait voulu parler de la couleur et du parfum de l'Ami. La jalousie du zéphyr a fait que le souffle est resté en sa bouche."

Tu es le flambeau de l'assemblée, n'aie qu'une langue et qu'un cœur !
Vois les fantasmes du papillon et ses efforts, aie le sourire !"

Ces quelques extraits illustrent ce que sont les centaines de pages du livre, éclairé par des commentaires qui permettent de progresser dans la compréhension des codes de l'œuvre d'Hâfez de Chiraz. Cette poésie est riche, très inspirante... elle nous promène comme une mer malicieuse de la joie à la mélancolie, de la contemplation à l'action, de l'émotion à la réflexion... C'est un livre à garder précieusement et à lire et relire par petits morceaux le plus souvent possible.

À toi qui m'as offert ce livre, je dis "merci quand même" pour cette saine lecture vivement conseillée à tous !

Hâfez de Chiraz, Le Divân, introduction, traduction du persan et commentaires par Charles-Henri de Fouchécour, éditions Verdier, Paris, 2006.

mardi 1 juin 2010

Boîte noire de mon âme (VII)

La dernière Boîte noire de mon âme remonte à onze mois... Pourtant il s'en est passé des choses là haut depuis l'an passé : un mélange subtil de situations qui semblent devoir se reproduire éternellement et de nouveautés totalement inattendues.
Le principe de la Boîte noire reste le même : des bribes de pensées qui s'enchaînent théoriquement les unes après les autres...

Deux ans déjà... des mots inoubliables pour un Requiem qui n'en finit pas... je te relis parfois, histoire de me souvenir que je n'ai pas rêvé, espérant que cela puisse encore exister ici ou là pour d'autres que moi. Une vague aussi douce que brutale... un conte de fée qui n'appartient pas qu'aux petites filles... Il y eut l'avant et l'après, à plus d'un titre... Je ne peux que rêver de connaître à nouveau un bouleversement de ce type, que l'après soit un nouvel avant et que cet avant et que le nouvel après soient meilleurs encore, fort du passé et convaincu de l'avenir.

Un an déjà... en partance pour la Tunisie et ses délices. J'ai le mal intense du pays depuis déjà quelques semaines... un mal ravivé par une émission de télévision pas aussi parfaite que je l'eus voulu... mais déjà assez suggestive pour me rendre mélancolique... un sentiment attisé par ce souvenir, cette parenthèse divine qui demeure une des plus grandes richesses humaines qu'il m'ait été donné de recevoir. Je voudrais : boire une Celtia, contempler l'horizon à Chemtou, réparer à nouveau ton lavabo et dormir sur ton petit matelas pliant, me recueillir encore à Tourbet el Bey, voir les fleurs de Carthage, ... Bon par contre je ne voudrais pas : risquer de me prendre encore une poubelle sur la figure, revoir Labib dans sa tenue de Superman des ordures, croiser à nouveau l'homme qui se croit chez lui au milieu des antiquités de Zaghouan, ... Ah j'oubliais : Virgile et ses muses m'attendent au Bardo...

Demain... avec toi... les rêves les meilleurs méritent qu'on leur donner vie.

Le Tireur d'épine... J'ai pensé à lui la semaine passée., devant sa modeste réplique en terre cuite.. je pense à nouveau à lui ces derniers jours, dans sa version romaine qu'il fut agréable de contempler... il a l'air si habile pour se sortir de la difficulté où il se trouve que je l'envie... il est aussi une illustration de la pénitence et, dans ce domaine, j'ai manifestement de quoi faire...

Tireur d'épine (Palais des Conservateurs, Rome)