samedi 23 février 2019

Une image de la vie...



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Nous en avons vécu des aventures
Et de l'aurore de notre existence,
nous ne sommes déjà plus très sûrs...
Le doute est clairement immense

Et certaines choses moins aisées,
Comme le fantôme de tes baisers
Me le rappelle. À moi, survivant !
Garde-moi des avanies du temps

Préserve-moi contre le vent et le sel
Et même de l'écume qui s'en mêle...
Tu es bien là, ô Jour, mon miracle !

Avec toi je ne crains ni les claques
Ni les craquements de mon corps :
Nous serons liés d'un éternel accord.

jeudi 14 février 2019

Jardin du Coeur

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Le Jardin du Coeur a été voulu en 1970 par Alice Van Buuren en hommage à David, son époux décédé. Cet ornement s'ajoute aux autres parties du jardin créé pour constituer l'écrin de leur villa, construite en 1928 à Uccle, en banlieue bruxelloise, dans le style Art Déco.

En ce 14 février où toute manifestation d'amour peut sembler un peu mièvre, ces cœurs végétalisés nous rappellent la force d'un sentiment hors du commun et sont un bel exemple de ce que l'Amour peut bien atteindre une forme d'éternité. Près de cinquante ans que ces cœurs existent... près de quarante-cinq ans qu'ils sont admirés par les visiteurs, charmés de cette attention délicate qui parlera à chacun de nous une langue que nous comprenons d'instinct, que l'on soit amoureux ou que l'on désire l'être.

Le Jardin du Coeur n'est pas seulement une création paysagère... il est également cette richesse en nous, cette beauté qui se dégage des sentiments, cette grâce émergeant du regard. Ces fleurs sont le reflet de ce que doit être notre coeur, de sa grandeur, de sa bonté.

Ce jardin c'est l'Espoir, le Rêve et l'Ailleurs qui nous attirent quand on contemple la grisaille et que tout semble monotone. Le Jardin c'est ce temple sans murs, cette grotte lumineuse, ces bras qui nous caressent avec chaleur.  Ce jardin, c'est mon souvenir de toi.

samedi 26 janvier 2019

Fiat lux


Déjà las des baisers glacés du pâle hiver,
De l'étreinte brûlante des frimas polaires,
La paresseuse dérobade du roi Hélios...

Je songe, l'âme vive, le regard azulejos,

À la lumière discrète qui ce jourd'hui
Se joue de moi, m'éclaire puis me fuit,
À ces roses chéries qui jamais ne fanent,
Aux teintes entremêlées, à cette flamme,

Au peintre qui règle l'ordre de la palette
Tapie dans la pénombre d'une colonnette.
Cet harmonieux gisant de la belle saison

Auquel je voue, désorienté, mon oraison,
Me rappelle à toi, me ramène à ton coeur,
Libre d'aimer encore et ivre d'apesanteur.




dimanche 4 mars 2018

Poésie liégeoise

L'endroit se mérite, à l'écart de l'agitation urbaine... de là haut, on embrasse une partie de la ville, le palais d'Erard de la Marck , les toits mosans, la fascinante coupole de Saint-André et le clocher fortifié de Saint-Martin, la tour néo-gothique de l'ancienne poste, la petite Manhattan en bord de Meuse, ...
Et au loin, il y a cette vague blanche aux Guillemins, au pied du phare du souvenir, et l'étrave de la Tour Paradis comme échouée devant elle...
Sur les murs de cette agréable terrasse où Liège se laisse apprécier au promeneur quasi solitaire, un inconnu a tagué sur les murs vénérables le tréfonds de ses pensées. "Je n'ai pas cherché quelqu'un comme toi" avoue-t-il à la première station de son cheminement, que je décide de suivre avec curiosité. Cette vision inattendue et quelque peu sacrilège me fait l'effet d'un miroir où l'âme ricoche pour mieux frapper le coeur : je crois lire mes pensées et les vivre... On peut bien ne pas ménager ses efforts : ce qui est réellement beau est souvent le fruit du hasard.



mercredi 31 janvier 2018

La chute


La chute d'Icare (Ikaro caduto), Igor Mitoraj, 2011.

Agrigente est un site archéologique sicilien parmi les plus impressionnants avec sa succession de temples antiques. Les uns sont posés sur une colline étroite et longue, entre mer et montagne ; les autres se trouvent dans la fameuse vallée des temples, en particulier le colossal temple de Zeus Olympien. Ce dernier est orné de statues colossales de géants pénitents - des "Télamons" - qui soutiennent avec douleur le ciel de leurs bras tendus. Ils portent tout le malheur du monde sur leurs épaules mais ce mal est nécessaire car le ciel sans eux se rapprocherait trop des humains et ne serait plus alors le siège des divinités.

La non moins colossale statue en bronze réalisée en 2011 par Igor Mitoraj en est l'écho lointain de ce mythique équilibre entre la Terre et le Ciel. Installée à Agrigente, La chute d'Icare rappelle en effet les géants effondrés du temple de Zeus et les limites que l'humain a commis l'erreur de vouloir dépasser. Les Télamons maintiennent cette "distance de sécurité" ignorée par Icare dans son vol fatal. Son père, le savant Dédale, faisait un usage raisonné de la science ; Icare, lui, est un ambitieux ramené à la raison par les traits du Soleil.

Le temple aussi qui voulait aller très haut n'est plus que ruine aux pierres creuses caressées par un vent mauvais qui en garde à chaque fois une petite part, ce sable dans lequel tout s'enfonce et cette poussière qui brûle les yeux. 

Tout l'art consiste donc à ne pas être las où l'on est.