dimanche 12 octobre 2008

Changement de cap

Vendredi j'ai vu ma chère cousine et nous nous sommes bien promenés tous les deux dans Paris, notamment entre Saint-Germain et les Invalides, dans les sixième et septième arrondissements, que je connais à vrai dire assez peu. Si je pouvais y avoir ne serait-ce qu'un petit hôtel particulier avec jardin, j'y passerais plus de temps sans problème ! Cruel paradoxe : l'Hôtel Matignon, établi dans ce secteur, a le plus grand parc privé de Paris... mais il est probable que ses locataires successifs ont peu de temps pour en profiter. Je prendrais bien un petit bout de ce parc... j'y ferais construire une modeste cabane de 100 mètres carrés, histoire d'avoir un peu de place... la belle vie !

Ma cousine m'a dit vendredi que mon blog était un peu sombre ces derniers temps. C'est certain. Je crois que j'ai rarement vécu de manière aussi agitée que ces derniers mois. Entre un abandon amoureux en juillet, une torture amoureuse en août et une partie de septembre, un ami qui s'était un peu mal comporté avec moi pendant quelques temps (c'est lui même qui le dit !) et puis à nouveau des turbulences amoureuses, j'ai eu du mal à maintenir le cap de mes sentiments.

Je suis aussi fort que fragile. Je prends sur moi pour résister aux épreuves mais il est certain que cela transparaît forcément en partie sur ma façon de voir le monde à un moment donné. Il est vrai aussi qu'en tant qu'apprenti écrivain, qui plus est spécialisé dans le récit des sentiments humains, j'ai tendance à accentuer certains traits, à favoriser une certaine emphase. Elle me permet de m'extirper de moi-même pour prendre justement du recul par rapport à ces fameuses turbulences passagères. En outre, cette distance, pas forcément visible pour le lecteur - il n'est pas forcément nécessaire qu'il l'a voie d'ailleurs ! -, me donne l'assurance de ne pas être un simple exhibitionniste mis en contact avec des voyeurs.

Il y a en réalité un véritable travail d'écriture, une recherche esthétique également bien que je me sente tout honteux en évoquant cette notion qui m'éloigne de ma simplicité naturelle. En tout cas, je tiens à le dire : je ne suis pas forcément aussi malheureux que celui dont je parle... et parfois je le suis bien plus encore. Tout n'est qu'un jeu de miroirs déformants... soit on accentue les traits, soit on les atténue. "Écrire c'est choisir"...

En temps normal, je veille à équilibrer les textes entre des regards tristes et d'autres plus joyeux ; de même je m'efforce d'alterner des notes intimistes et des sujets culturels. Il arrive cependant que cette belle mécanique - qui se voudrait trop parfaite - connaisse quelques faiblesses. La conscience de ce nécessaire équilibre n'est pas perdue mais elle se heurte à des murs qu'il faut prendre le temps de franchir.

J'émerge à peine de cette longue tempête estivale. L'automne est bien installé maintenant ; il est beau... pour moi c'est la renaissance comme chaque année mais peut-être plus encore cette fois-ci après un été plus cruel que tous ceux du passé. Je pense pouvoir retrouver cet équilibre plus harmonieux des textes dans les semaines à venir, si le fragile équilibre acquis ces derniers temps se confirme et s'intensifie.

Quoi qu'il en soit, je reste un poète mélancolique, un Orphée succombant pour un instant aux vertiges de ses chants demeurés vains, le corps et l'âme fatiguée, aveuglé par la lumière trop forte d'un idéal souvent inaccessible, attaché à sa Lyre comme à une Boussole, reposant seul dans un désert où se formeront ses nouveaux rêves ensuite guidés jusqu'à l'horizon. Et tout recommencera...

Alexandre Séon, Lamentation d'Orphée, 1896.

lundi 6 octobre 2008

La boîte noire de mon âme (V) ou Le flux et le reflux

Je continue ma série "La boîte noire de mon âme" en présentant d'avance mes excuses aux passionnés d'aéronautique qui tomberaient ici par erreur.

Semaine angoissante sans nouvelles de toi... tu passes... tu t'enfuis... tu repasses... je te regarde fuir à nouveau... je n'y comprends rien... aujourd'hui j'ai enfin compris et j'étais soulagé... en attendant, j'ai encore failli pêter un cable comme on dit si gracieusement. Décidément il y a autour de moi une équipe de muets incorrigibles !

Match amical France-Tunisie le 14 octobre 2008 au Stade de France, à Saint-Denis... Je souhaite bon courage aux chers joueurs tunisiens ; profitez-en bien car vous avez une bonne chance de battre l'équipe de France pour une fois et effacer le nul à Radès en 2002. En outre si vous gagnez, vous ferez alors une bonne action en aidant la France à se débarrasser de Raymond Domenech. On peut même l'expédier en Tunisie, comme on l'avait fait avec Roger Lemerre. Pour un sélectionneur acheté, un second est offert ! Ce ne sera que la troisième rencontre entre les deux équipes... comme quoi heureusement que nous autres, simples mortels, n'avons pas attendus le foot pour nous rencontrer !

Un match amical dont je me serais bien passé en revanche... à force de t'éviter, il fallait bien que je te croise malgré tout. J'ai réussi à ne pas te voir pendant trois ou quatre semaines mais je ne me faisais pas d'illusions ; je viens à l'instant de penser avec angoisse à la prochaine date où nous serons obligés de nous voir. J'espère simplement ne pas te revoir avant ; j'en ai assez de me demander ce que je vais bien pouvoir te dire puisque tu n'as pas compris que nous ne sommes plus amis depuis des années, depuis que tu m'as oublié comme un paquet encombrant dans une chambre d'hôtel, depuis que tu es reparti sans me le dire pas plus que tu ne m'as prévenu quand tu repassais près de moi. Tu as tué notre amitié sans jamais chercher à la ranimer. Il ne peut pas y avoir de miracle sans engagement véritable, sans une main tendue qui serait plus qu'une main, un coeur sincère, prêt à battre à nouveau à l'unisson.

Une journée avec mon frère... il était près de moi, comme toujours... nous étions inséparables. Parfois je me dis que je devrais le laisser un peu seul et c'est lui qui vient vers moi. Je suppose que cela doit intriguer beaucoup de monde... parfois j'ai des vertiges en y pensant... mais t'avoir près de moi est une sorte de sensation de confort, de sécurité, d'apaisement tellement appréciable que j'oublie mes doutes.

Escapade à Nanterre... tout un poème ! le campus universitaire grouille de monde, surtout en ces jours de rentrée. Je suis en quête d'un carte de photocopieuse ; je trouve la machine qui délivre ces cartes. Je paye dix euros en carte bancaire et... ben... j'attends toujours la carte de photocopie ! J'en avais vraiment besoin en plus pour faire des photocopies pour un ami. Résultat : je l'ai appelé tout honteux pour lui dire que j'ai été vaincu par la technique.

Je viens de relire une ancienne lettre d'amour... j'ai été saisi par l'intensité de ce texte... étonné de cette beauté, je n'arrive pas à réaliser que j'en suis l'auteur... cela m'a fait un pincement au coeur, preuve que la cicatrice n'est sans doute pas totalement refermée. Je crois que je suis juste un peu nostalgique, pas forcément d'ailleurs de cette histoire d'amour précise mais peut-être tout simplement de certaines circonstances si belles que l'on aimerait les revivre, avec la même personne ou une autre, peu importe. Je mesure aussi le chemin parcouru depuis un an... l'année dernière à la même époque j'étais encore tout timide et paralysé. Même si le temps écoulé n'a pas été très fructueux en définitive, il n'a pas été perdu pour autant.

lundi 29 septembre 2008

« Mais non idiot je pense très fort à toi. »*

Ô mon beau Soleil, mes yeux tendres ne voient que toi :
Ils te dévorent et te caressent, mon Trésor, ma Soie !
Où que je sois et quoi que je fasse, mon doux Espoir,
Toutes mes pensées n’ont de cesse, du matin au soir,

De t’appartenir, depuis le jour où ton cœur s’est emparé
De la citadelle de mon être jusqu’alors désemparé.
Tel Virgile mon âme veut chanter tes insignes vertus,
Elever pour toi ce temple vers le ciel et mille statues,

Polir leurs antiques marbres de mes larmes de joie,
Louer à jamais tes merveilles par l’ardeur de ma foi.
Je serai ton Orphée, hérault fidèle de notre Amour,

Si tu le veux, si tu me regardes, si j’existe toujours.
Ne choisis, ô Rêve d’Ailleurs, aucun autre chemin ;
Ton souffle est le mien, ta main mon unique destin.


* Titre inspiré d'une phrase d'anthologie reçue par mail... un jour passé. Tes derniers mots évidemment... ! C'est fou le nombre de personnes qui pensent à nous sans jamais songer à nous le dire... C'est encore mieux quand on se fait en plus traiter d'idiot... J'avais écrit ce poème d'amour pour toi... et comme tu ne lis sans doute pas mon blog, tu ne le sauras jamais... Quelle vie... !

mardi 23 septembre 2008

Qui sont mes lecteurs ? (2)

Je suis toujours aussi passionné par la consultation des statistiques du blog et particulièrement l’intitulé des requêtes formulées sur les moteurs de recherches et qui aboutissent sur mon blog.

On pourrait en faire des lignes et de lignes de commentaires. Je me contente donc de faire la synthèse de ces requêtes pour les quelques jours écoulés, ce qui sera déjà bien suffisant pour souligner quelques phénomènes intéressants.


La grande constante est constituée par les requêtes liées à la poésie, une partie principale relative à Jalal al din Rumi (« textes de Rumi », « Rumi traduit en français », « Rumi vin ivresse poésie », « Poèmes de Rumi », « Jalal al din Rumi poème », « poèmes de Rumi extraits », « Jalal al Din Rumi poèmes », « Jalal Roumi », « recueil de Rumi », « Rumi amour texte », « Rumi wikipedia ») [normal vu que je porte son nom !], une autre à Alphonse de Lamartine (« Lamartine Méditations poétiques Isolement », « analyse du mal d’être de Lamartine l’Isolement », « Mal de vivre Lamartine Isolement », « Lamartine Méditations poétiques Le vallon », « poème de Lamartine », « Lamartine Isolement », « Poème sur l’inspiration de l’isolement »). Des demandes plus spécifiques aboutissent sur le blog : « je t’aime je garde l’espoir poème », « poème qu’est-ce que je peux faire pour t’aimer », « partir aller n’importe où poésie », « poésie partir aller n’importe où invocation », « poème tunisien sur l’âne » [une bonne idée de poème… j’y songerai], « poème tunisien bientôt près de toi », « poème tourner en rond », « poésie si seulement je n’avais rien vu ? » [eh oui la curiosité est parfois un vilain défaut !].


En lisant avec la poésie, les requêtes relatives aux sentiments humains sont également très nombreuses, en lien avec mes nombreux textes intimistes. Je dois avouer que certaines demandes sont assez bouleversantes pour moi et j’espère toujours, en les lisant, que mes mots apportent un petit quelque chose à la personne qui confie son désarroi à un moteur de recherches et épreouve le besoin de trouver un peu de réconfort à travers d’autres expériences : « manque affection du père », « Mon cœur toujours enveloppé de tous ces souvenirs », « je te suis tu me suis et on tourne en rond », « manque de signe d’affection », « comment lui faire dire que je lui manque ? », « aller ailleurs », « avancée du temps qui passe », « mes larmes sans très cher. », « je voudrais tant lui manquer », « que faire quand on ne sait rien faire. » Il y a quand même des demandes qui traduisent plus de joie en matière sentimentale : « Mon cœur je t’aime », « rêver de tourner en rond », « textos avec des mots tendres d’amour et doux à envoyer » [quel manque d’imagination et de spontanéité ! autant faire les choses simplement mais personnellement], « Je me dis que cela valait la peine », « mon cœur amour », « texte d’amour je te trouve la plus belle de la classe », « Imprimer enveloppe écrite je t’aime » [paresseux !].


Les requêtes liées à l’Histoire sont, sans surprise, assez nombreuses et la plupart concernent l’histoire ancienne de la Tunisie. Elles sont essentiellement en rapport avec les vestiges archéologiques (« ruines romaines dans le Maghreb »), avec le site de Carthage (« musée Lavigerie livre » [le musée Lavigerie, précédemment appelé « Musée Saint-Louis » est l’actuel musée de Carthage], « photo ancien palais beylical sur la plage de La Marsa », « Carthage », « Carthage Tunisie », « cathédrale Saint Louis Carthage photos anciennes », « Carthage La Goulette Tunisie », « Skander Sayadi » [l’auteur d’un livre sur Carthage]). Manifestement les requêtes relatives au Kef vont devenir nombreuses suite à la publication d’un texte récent à ce sujet (« histoire Kef », « Vivre au Kef Mifort », « l’histoire d’el Kef », « l’histoire du Kef en Tunisie »). Les autres demandes concernent d’autres villes telles que Sousse (« Sousse à l’époque du Protectorat ») et Monastir (« Monastir ancienne photo », « photos anciennes de Monastir »). Il est également question de requêtes plus globales sur la Tunisie notamment avec « Habib Bourguiba » [le père de la Tunisie contemporaine], « Philippe Thomas Gafsa » [le découvreur des gisements de phosphates de la région de Gafsa] ou « timbre de Gabes au Tchad. » [un timbre tunisien faisant référence à une traversée du désert organisée en 1928 en voitures équipées de chenilles]. On notera le poids de certains récits totalement fantaisistes qui souvent nous ramènent au fantasme du gain facile : « roi français part en Tunisie se cacher avec un trésor. » [« et si seulement je pouvais le retrouver ce trésor… »]. La France est représentée uniquement dans les requêtes avec la fameuse « botte de nevers », dont je ne me lasserai jamais de dire qu’elle consiste à planter son épée entre les deux yeux de l’adversaire. Enfin, n’oublions pas que l’historien a droit à ses instants de détente, ce qui justifie la requête « archéologie contrepèterie », demande tout à fait justifiée si l’on songe à « il mettait le produit de ses fouilles dans des caisses » ou encore à la mythique « aux sites de Bologne il préfère les mines de Pompéi. »


De nombreuses requêtes concernent les proverbes ; j’avais consacré un texte il y a déjà fort longtemps aux proverbes tunisiens, d’où l’arrivée régulière de visiteurs sur mon blog à ce titre : « proverbes tunisiens en arabe », « proverbe tunisien aimer », « proverbe sur les Tunisiens », « proverbe tunisois. » Des requêtes concernant les proverbes plus généraux parviennent également sur ce blog : « regarder le passé proverbe », « proverbe envie de te connaître », « proverbe cœur noble », « proverbe sur les régions », « proverbes d’oubli », « proverbes avec héritage », « proverbe bien dans mes bras. » Je dois dire que le plus amusant est sans doute le « proverbe normal. »


Bien que ce blog ne consacre qu’une part mineure à la musique, elle apparaît cependant de temps en temps, suffisamment pour capter un certain nombre de requêtes. Certaines font références à des chansons précises : « love "everybody's got to live" » [la fameuse chanson de l’interlude d’Antenne 2 dans un temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu], « Aubert alter ego site:.blogspot.com » [noter la précision de la demande], « Si seulement je pouvais lui manquer musique seule », « Distinction particulière de la chanson savoir aimer » [eh bien c’est que Florent Pagny utilise le langage des signes dans le clip de la chanson], « Si seulement je pourrais » [… lui manquer… j’en ai marre de lire toujours « si je pourrais » ! Cette faute affreuse est manifestement très répandue donc je rappelle qu’on écrit « si je pouvais » ! ], « faire un dessin sur la chanson si seulement je pouvais lui manquer » [manifestement un devoir scolaire !]. J’avoue que j’ai éprouvé une certaine tendresse en découvrant la requête « chanson ancienne mon gentil roumi. » [c’est vrai que je suis gentil !]. Quelqu’un s’interroge aussi sur la fête de sainte Cécile : « fête des musiciens du 21 novembre » [le 22, pas le 21 !] tandis qu’un autre, manifestement mal remis de la dernière fête de la musique se demande comment survivre à la cacophonie ambiante : « législation sur le bruit le jour de la fête de la musique. » Le bruit reste au cœur de préoccupations parfois singulières : « piano avec casques danger pour les oreilles » [un sujet que je cède au maestro Bruno Delaigue !]. Enfin quelqu’un cherche à « acheter un luth oriental en Tunisie. »… et on ne peut que l’en féliciter, même si ce blog lui sera de peu de secours dans cette démarche !


Paris… Paris sera toujours Paris, n’est-ce pas ?! Eh bien pour moi c’est bel et bien la ville où l’on ne peut vraiment jamais s’ennuyer… apparemment certains ont du mal à s’en convaincre si j’en crois les nombreuses requêtes qui posent la question : « que faire Paris ? », « que faire à Paris ? », « que faire quand on est à Paris ? ». Dans ce domaine il y a ceux qui sont peu prévoyants (« que faire sur paris aujourd’hui ? » [quand on est « sur » Paris, il faut mieux descendre sinon on risque de tomber !], « que faire à Paris aujourd’hui ? ») et les prévoyants (« que faire à paris en octobre ? »). Les lieux dégageant un certain mystère attirent toujours l’intérêt (« cimetière du Père lachaise », « Paris coins secrets »). Quelques requêtes concernent la banlieue et notamment les randonnées en forêt : « Achères Grand Cormier forêt balade », « Arrêt forêt RER Fontainebleau » , « sortir s’évader une journée proche Paris. » Enfin on notera les réflexions hautement philosophiques impliquées par la demande inachevée « vous êtes parisiens quand… » [vous êtes parisiens quand vous vous sentez parisiens, c’est l’essentiel !].


Si je dis que la Tunisie est souvent l’objet des requêtes aboutissant sur ce blog, cela ne devrait pas spécialement vous étonner. Outre ce que j’ai déjà dit à propos de l’histoire tunisienne, divers sites sont concerné mais on est plutôt là dans la demande de renseignements parfois très étranges : « Plaque de rues de Tunis » [Mariem, si tu me lis… !], « Boîte de nuit en Tunisie » [c’est bien connu que je suis le meilleur spécialiste de ces lieux !], « Mystères de Kelibia » [cela fait un peu « Les mystères de l’ouest », sauf que Kelibia est à l’est, dans le cher Cap Bon], « Choufli hal » [pour ceux qui ne le sauraient pas, il s’agit du titre d’un feuilleton diffusé spécialement pendant le Ramadan en Tunisie], « Appartement Hergla » [ce blog n’est pas une agence immobilière], « Ines Bardo » [ben dis donc il doit y en avoir pas mal des Ines au Bardo ! comment savoir si c’est la bonne ?!], « combien de kilomètres entre la France et la Tunisie ? » [se reporter à ce que j’en ai dit l’an passé], « traduction français tunisien » [désolé mais on ne fait pas cela ici et ailleurs sur internet on ne le fait pas non plus encorep pour l’instant !], « inscrire agrégateur tunisie blog » [je ne suis pas le secrétaire d’Houssein donc voir son agrégateur ou son blog directement !], « injustice Tunisie » [vaste sujet], « les Tunisiens » [tout aussi vaste sujet], « voyageurs européens en Tunisie », « carte Monastir » [carte postale oui, carte routière non !], « Kef », « fleur Tunisie full jasmin », « autoroute Sfax Tripoli »[c’est pour 2013, inchallah !], « le nouveau Sfax avec photo. » [non je ne parle pas du nouveau Sfax ; il faudrait déjà que je parle un peu plus de l’ancien].


Les voyages forment la jeunesse… ils déforment aussi le dos et les pieds des marcheurs ! Certains viennent ici rechercher des informations sur les planisphères (« planisphère monde mariage », « photo du planisphère représenté à plat », « petit planisphère », « je veux voir sur le planisphère »). Mes allusions régulières au « plat Pays » ont été remarquées (« le plat pays », « que survole-t-on quand on revient de Tunisie vers la Belgique » [cela dépend du plan de vol du pilote, des couloirs aériens suivis… et de l’aéroport d’arrivée]). Mon blog accueille régulièrement des passionnés de grands prix avec « circuit Nevers Magnicourt », « Nevers Magnicourt » [s’ils savaient combien je me désintéresse de ces courses…] ; je préfèrerai à la rigueur l’appel grisant des « grands voyageurs et scientifiques » ou encore ce mystérieux « jeune pays au vent du nord. » Il est exact que « partir n’importe où » est une sorte de rêve avec l’espoir de pouvoir dire « quand on y est on ne sait où on est. » Un lecteur anonyme recherche des « souvenirs de Fourvières » [j’en ai à revendre, des bons et des moins bons ; en tout cas Lyon restera définitivement une ville ayant eu une importance énorme dans la vie mais ceci est une histoire qui sera développée une autre fois !].


Ma passion pour la vie du rail me vaut aussi de nombreuses visites, particulièrement au sujets des chemins de fer tunisiens : « construction du chemin de fer en Tunisie », « transport ferroviaire Sfax », « train AM 800 Tunisie », « le train à grande vitesse Tunisie SNCFT » [tellement rapide que personne ne l’a encore vu !], « les travaux de la SNCFT Gabès ». En revanche, je crains de n’avoir rien écrit qui puisse satisfaire la demande « archéologie ferroviaire gares en ruines en France », pas plus que celle pour « une langue commune au trafic ferroviaire » [s’agirait-il d’un espéranto ferroviaire ou tout simplement d’une harmonisation des signaux ?].


J’avais noté lors de la précédente étude que la nourriture était souvent source de requêtes, particulièrement les « gâteaux arabes » durant la période du Ramadan. Je dois dire que cette année c’est nettement moins important dans le volume des recherches, à croire que tout le monde a récupéré les recettes l’an passé et qu’elles sont devenues inutiles cette année ! On trouve cependant encore une demande pour « excellent gâteau » ou pour un « gâteau marocain » tandis qu’un autre s’intéresse au « bouillon de Tunisie. » Certains s’intéressent aux « plats les plus célèbres du monde » [malheureusement cette requête renvoie à un de mes textes sur la Belgique autrement appelée le « plat pays » !]. On saluera enfin le courage de celui ou celle qui s’interroge sur « trop manger de chocolat par jour » [« l’abus est dangereux pour la santé. A consommer avec modération » !].

Au titre des nouvelles thématiques apparues dans les requêtes, l’une des plus significatives concerne « l’enterrement ». Suite à ma note d’août intitulée « Enterrement de première classe », qui évoquait l’enterrement symbolique d’une histoire d’amour, de nombreuses requêtes liées aux enterrements aboutissent sur mon blog, ce qui, je l’avoue, m’a un peu refroidi en même temps que cela m’a touché. « enterrement ce jour à Paris » [cela fait un peu : « eh si j’allais à un enterrement aujourd’hui ; voyons donc les avis d’obsèques dans le journal ! »], « poèmes célèbres lus pour les enterrements » [je n’ai pas cela en stock malheureusement], « Un message d’espérance dans un enterrement », « enterrement de 1ère classe », « Poème d’amitié enterrement », « pensée enterrement. » En revanche, je ne sais pas comment je dois prendre « Rumi cimetière » ! Si c’est pour moi, je suis encore bien conservé pour mon âge, désolé ! Enfin cela concerne peut-être plutôt Jala al din Rum, ce qui m’arrangerait finalement. De même « prochain anniversaire de Rumi » n’est sans doute pas une marque d’attention que l’on voudrait me témoigner : encore un cadeau qui va me filer sous le nez !


Heureusement que des anonymes pensent vraiment à moi, sans que l’on puisse confondre avec le grand Rumi : « Roumi blog », « Roumi Tunisie », « roumientrelafranceetlatunisie.blogspot.com. »


Un autre phénomène me fascine ; c’est de pouvoir mesurer l’impact d’un événement sur la blogosphère. Je l’avais souligné en juin dernier lors de la fête de la musique, quand ma note de l’année précédente à ce propos avait connu un pic de consultation. C’est un peu comme un capteur sismologique qui percevrait un phénomène éloigné et par ailleurs insoupçonné. C’est ainsi qu’Arte a diffusé dimanche dernier le film Le dernier Empereur (1987) de Bernardo Bertolucci consacré à la vie d’Aixinjueluo Puyi, dernier empereur de Chine. Cette diffusion a entraîné durant la semaine écoulée un pic de requêtes relatives à ce film et à l’histoire qu’il raconte : « Aixinjueluo Puyi », « Puyi », « Aixinjueluo Puyi gay » [euh… je ne crois pas], « Pu yi film », « déporté Sibérie Pu Yi », « mort de Pu yi », « les épouses de Pu Yi » [les deux épouses ; la souffrance de la « seconde épouse » et la déchéance de la première, opiomane, sont au cœur du film], « cousine de Pu Yi » [c’est la vilaine cousine de Pu Yi qui travaille pour le compte des Japonais et qui fait des choses bizarres avec l’impératrice !], « précepteur de Pu yi » [Reginald Johnson, un personne charismatique du film], « Reginald Johnson livre Pu Yi », « Reginald Johnson. »


D’autres requêtes, heureusement peu nombreuses, sont relatives à la sexualité ; elles arrivent rarement sur des pages véritablement pertinentes : « manger agrandir bite » [on y croit !], « Kelibia porno » [ah oui Kelibia by night cela doit être torride], « nues 1900 », « mauresque nue photo » [sous prétexte que c’est vieux c’est évidemment CULturel], « les décolletés d’août » [… sont parfois un peu trop décolletés], « Frida blonde Margot » [ça sent le gars frustré qui fantasme !], « quel est l’endroit idéal pour faire l’amour quand on ne veut po que ça se sache » [si je te le dis ici, tout le monde le saura !], « Forêt Saint-Germain 78 coins chauds. » [soit un gars qui recherche des dames compréhensives moyennant finance, soit un gars qui cherche d’autres gars].


Les malentendus précédents ne sont pas les seuls. Celui qui veut des informations sur les « enregistrements de boîte noire » est loin de se douter que c’est de mon cerveau que je parle ainsi ! De même celui qui recherche une « photo de classe Peyssonnel 2007 » ne risque pas de trouver la moindre information à propos de cette école marseillaise sur ce blog. Pour en rester au domaine éducatif, on ne propose pas non plus ici de « révisions inline » On donne bien la « définition du sport collectif » et la « définition des sports individuels » mais elle est sans doute peu conventionnelle ! En tout cas ces requêtes, groupées dans le temps venaient de diverses adresses établies au Maroc ; encore une fois on peut constater certains phénomènes de concordances. Enfin celui qui chercherait « Youyou numismatique » ne trouverait sur mon blog aucun numismate nommé Youyou !

lundi 15 septembre 2008

Mon refuge (II)

Il y a un an et quelques poussières, j'avais écrit Mon refuge, un texte destiné à évoquer l'un de mes endroits favoris, le Jardin des Plantes. Depuis lors on peut dire que j'ai été satellisé sur ce lieu que j'ai dû faire visiter une dizaine de fois, sans compter les promenades en solitaire. Des images de ces promenades à deux me reviennent, des pensées nostalgiques heureuses qui me font sombrer dans une certaine mélancolie, surtout quand je pense à ceux qui se sont depuis évanouis. Il y a toi aussi, toi qui me dis aimer ce lieu et avec qui il me faudra y aller également... une question de logique humaine.

Quoi qu'il en soit, il m'a semblé opportun de renouveler cette expérience en proposant un autre de mes refuges ; je l'ai découvert au début de cette année, dans une de ces errances mélancoliques qui me poussent à marcher dans Paris sans savoir où je vais. Ce faisant, on parcourt souvent les mêmes lieux, presque instinctivement, et il faut une certaine force pour décider de changer de trottoir, tourner à gauche quand on tourne systématiquement à droite de tel ou tel monument, ... Il y a aussi ce que je qualifierais de "redécouverte", des lieux que l'on connait sans les connaître, des lieux que l'on a connu et dont on avait négligemment oublié les charmes... cette redécouverte n'en est que plus heureuse.

Si vous décidez de partir à la chasse au Roumi, voici un nouvel endroit où vous risquez de me trouver, du moins aux périodes creuses de l'année :
ce lieu charmant est le port de l'Arsenal à Paris. Un port en plein Paris... un Ailleurs en pleine ville, dans cette ville que je connais tant... J'en conseille la visite aux périodes les plus rudes, quand on est sûr de n'y croiser personne ou presque... quand on n'y trouvera que les passionnés, les convaincus. Dès les beaux jours ce lieu doit être envahi de parasites qui viennent s'y montrer... paraître... séduire... Vous ne me faites aucun effet et ne comptez pas sur moi pour me dévoiler à votre regard intéressé... C'est le risque des endroits un peu originaux, décalés, situés en plein coeur de Paris où règnent le politiquement correct, le sociologiquement correct, le culturellement correct et j'en passe... Voilà donc une petite promenade sur place entre novembre et mars me semble tout à fait saine de ce point de vue. Le regard peut s'y délasser et s'y concentrer sur l'essentiel, sur la vérité de ce lieu comme de bien d'autres d'ailleurs.

Héritier des fossés adjoints à l'enceinte parisienne de Charles V, construite entre
1356 et 1383, le bassin de l'Arsenal n'a pris sa forme actuelle qu'au XIXe siècle, époque à laquelle le port de l'Arsenal était une place d'échanges commerciaux intenses, à la jonction du canal Saint-Martin et de la Seine. Aujourd'hui l'endroit est bien calme et le tumulte de la navigation commerciale a cédé la place au calme de la navigation de plaisance. C'est une vaste place, coupée en deux dans sa longueur par le canal... placée en retrait de la ville... en contrebas. Y accéder c'est comme pénétrer dans un autre monde... un monde de relative quiétude d'où l'on peut observer l'agitation environnante avec un certain recul et détachement... comme un miroir éclatant de la vanité de la vie.

Il faut bien reconnaître qu'en tant que port de plaisance l'endroit peut être mortel d'ennui... mais ce silence est appréciable dans certaines circonstances de nos vies et d'autant plus appréciable dans une ville somme toute relativement bruyante comme l'est Paris. Bien évidemment il serait intéressant de revoir le port de l'Arsenal lorsqu'il est plus animé... mais on est souvent déçu par l'animation des ports de plaisance de toute façon. Rien ne vaut un port de pêche, de marchandises ou de voyageurs... et je songe encore avec nostalgie aux heures passées notamment à la gare maritime de Marseille, portant mes regards affectueux à Habib. On serait déçu donc si l'on recherchait à l'Arsenal autant d'agitation, autant de vie et de fantaisie.


Ce mouvement, on le trouvera dans le souffle de l'air, dans le murmure qu'il produit, dans les ondulations de l'eau du bassin, dans le frémissement de la végétation à demi-endormie du jardin qui y a été créé sur le quai oriental, dans le son de nos propres pas sur le sol. Et puis, qui sait, peut-être croiserons nous le précieux regard ou le rare sourire, ceux d'une personne en quête de cette vérité simple du lieu qui en fait la touchante beauté. Un endroit que l'on peut également voir à deux, en amis ou en amoureux ; j'attendrai alors...