C'est un drôle d'anniversaire... J'ai un chèque un peu froissé dans mon tiroir de bureau... un chèque de décembre 2003. Déjà six longues années... Voilà tout ce qu'il me reste d'un ami : une simple reconnaissance de dette, un chèque périmé, tout comme l'est notre amitié !
Un imbécile a dit que "l'argent ne fait pas le bonheur mais qu'il y contribue"... à l'évidence, il n'y a rien de plus faux. Exception faite des besoins élémentaires que nous sommes tous en droit de vouloir satisfaire, tout ce que nous pouvons désirer de plus relève dans l'absolu du superflu. Quand on naît pauvre, on apprend à le demeurer. Certains finissent par l'oublier mais leur réveil est douloureux : tout confort excessif est un danger. On voit bien des gens pleurer en permanence qu'ils aimeraient avoir ceci ou cela... on voit ces gens qui ne supportent pas les fluctuations de leur compte bancaire, qui perdent la mesure de la simplicité et qui ne peuvent plus se passer d'un train de vie conséquent. Ces éternels angoissés du portefeuille n'hésitent pas à solliciter l'aumône publique afin de préserver les apparences ou encore de gommer grâce à d'autres l'effet en dents de scie de leur progression sociale.
Que peut-on attendre de ces gens ? Une fois le chèque signé ou la liasse de billets retirée de la banque, leurs attentions se font moindres... La vérité : ils s'éloignent. L'argent est aussi sale qu'une maladie honteuse... surtout ne pas penser qu'on doit son salut à d'autres que soit ! Les nouvelles se font de plus en plus rares... parfois on obtient un "je ne t'oublie pas", qui sonne comme un "malheureusement je n'oublie pas que je te dois de l'argent". Le rapport s'est transformé : l'amitié a cédé la place à un rapport de culpabilité de la part de celui qui a capté l'argent de l'autre et qui ne veut ou peut le rendre. Quoi de mieux alors qu'oublier ceux qui ont rendu ce grand service et qui le concevait avant tout comme une marque suprême de leur amour ?
"Trop con, trop bon" disons-nous de nous-mêmes qui pouvons encore rire dans d'aussi sordides circonstances. J'ai plusieurs milliers d'euros qui sont ainsi en errance... et il semble qu'un même scénario doive se reproduire régulièrement. Le plus triste c'est que moi le généreux n'ait plus une seule pièce dans mon porte-monnaie, plus un seul euro sur mon compte bancaire. À qui vais-je demander de l'aide ? À ces amis qui ont pris l'oseille et se sont tirés ? À ces gens à qui je n'oserais même pas demander un centime ou un millime alors qu'ils ne s'en sont pas privés ? La seule chose qui me dérange en ces moments difficiles c'est de me dire que j'ai parfois perdu à la fois l'argent et l'amitié, c'est-à-dire à peu près tout, le matériel et le spirituel.
Il y a un garçon que je connais à peine et qui a proposé de m'aider ; j'ai préféré lui dire que j'essaierais de m'en sortir sans le solliciter. Là encore ce type de situation ne peut que troubler : un inconnu qui veut nous secourir quand les personnes que nous connaissons sont inaptes à le faire, ne songeraient même pas à apporter une aide morale.
Je voudrais quand même remercier celui qui a payé la moitié de mon sandwich lundi ; nous n'avons pas grand-chose mais avons heureusement gardé le sens du partage.
Un imbécile a dit que "l'argent ne fait pas le bonheur mais qu'il y contribue"... à l'évidence, il n'y a rien de plus faux. Exception faite des besoins élémentaires que nous sommes tous en droit de vouloir satisfaire, tout ce que nous pouvons désirer de plus relève dans l'absolu du superflu. Quand on naît pauvre, on apprend à le demeurer. Certains finissent par l'oublier mais leur réveil est douloureux : tout confort excessif est un danger. On voit bien des gens pleurer en permanence qu'ils aimeraient avoir ceci ou cela... on voit ces gens qui ne supportent pas les fluctuations de leur compte bancaire, qui perdent la mesure de la simplicité et qui ne peuvent plus se passer d'un train de vie conséquent. Ces éternels angoissés du portefeuille n'hésitent pas à solliciter l'aumône publique afin de préserver les apparences ou encore de gommer grâce à d'autres l'effet en dents de scie de leur progression sociale.
Que peut-on attendre de ces gens ? Une fois le chèque signé ou la liasse de billets retirée de la banque, leurs attentions se font moindres... La vérité : ils s'éloignent. L'argent est aussi sale qu'une maladie honteuse... surtout ne pas penser qu'on doit son salut à d'autres que soit ! Les nouvelles se font de plus en plus rares... parfois on obtient un "je ne t'oublie pas", qui sonne comme un "malheureusement je n'oublie pas que je te dois de l'argent". Le rapport s'est transformé : l'amitié a cédé la place à un rapport de culpabilité de la part de celui qui a capté l'argent de l'autre et qui ne veut ou peut le rendre. Quoi de mieux alors qu'oublier ceux qui ont rendu ce grand service et qui le concevait avant tout comme une marque suprême de leur amour ?
"Trop con, trop bon" disons-nous de nous-mêmes qui pouvons encore rire dans d'aussi sordides circonstances. J'ai plusieurs milliers d'euros qui sont ainsi en errance... et il semble qu'un même scénario doive se reproduire régulièrement. Le plus triste c'est que moi le généreux n'ait plus une seule pièce dans mon porte-monnaie, plus un seul euro sur mon compte bancaire. À qui vais-je demander de l'aide ? À ces amis qui ont pris l'oseille et se sont tirés ? À ces gens à qui je n'oserais même pas demander un centime ou un millime alors qu'ils ne s'en sont pas privés ? La seule chose qui me dérange en ces moments difficiles c'est de me dire que j'ai parfois perdu à la fois l'argent et l'amitié, c'est-à-dire à peu près tout, le matériel et le spirituel.
Il y a un garçon que je connais à peine et qui a proposé de m'aider ; j'ai préféré lui dire que j'essaierais de m'en sortir sans le solliciter. Là encore ce type de situation ne peut que troubler : un inconnu qui veut nous secourir quand les personnes que nous connaissons sont inaptes à le faire, ne songeraient même pas à apporter une aide morale.
Je voudrais quand même remercier celui qui a payé la moitié de mon sandwich lundi ; nous n'avons pas grand-chose mais avons heureusement gardé le sens du partage.






