mercredi 9 août 2017

Les ondes secrètes

La poésie est une vibration qui transforme la réalité ; elle se rapproche en cela de la musique. La poésie est une musique où le seul instrument est la voix, avec son intonation et son rythme... Et la voix du poète n'est pas celle du lecteur qui va, à son tour, faire une autre lecture du texte, avec sa propre sensibilité. Aussi la poésie est-elle comme une onde qui passe d'un corps à un autre et de l'âme de son créateur à celle du lecteur, tout en se modifiant, évoluant en fonction de chaque être qui appréciera l'oeuvre en fonction de son propre regard poétique.

jeudi 3 août 2017

Au fil du vent...

Au fil du vent je pense à cette ombre qui me hante...


Certes je suis heureux... du moins n'ai-je pas tellement à me plaindre puisque je sais me satisfaire de peu, avec l'âme d'un bédouin qui sait que la source qu'il désire est encore loin... et peut-être même tarie. Beaucoup rêvent de pouvoir, de gloire, d'argent, ... quand d'autres désirent seulement avancer librement, se frotter à l'air qui rend léger et se délecter de l'eau qui rafraîchit le cœur.

Le pouvoir n'est pas forcément là où il devrait se trouver. Un chef n'est rien sans ses troupes ; elles ont leurs propres pensées, la force de l'originalité, l'intelligence de la multiplicité. La gloire : de grands cimetières sont tapissés d'illustres noms disparus qui n'en finissent pas de pourrir sous des pierres tombales dévorées par le vent et le gel, voués à un inexorable oubli sinon le regard vague des passants qui ne savent plus où poser leur regard. L'argent, enfin : on n'en aurait, semble-t-il, jamais assez mais des rêves à échelle humaine devraient nous encourager à rester modestes dans ce domaine.

Pour moi l'ambition est d'être heureux et de rendre heureux. Donner la parole au cœur et à l'âme avant tout, développer la raison des sentiments qui forme la palette très large des rapports que nous pouvons entretenir, depuis le parfait inconnu que l'on se doit de secourir jusqu'à l'Amour de notre vie à qui l'on doit donner le meilleur.

jeudi 16 mars 2017

Imagerie du passé et lutte sociale contemporaine

Le printemps tunisien bourgeonne à nouveau... le Collectif civil pour les libertés individuelles réclame la réforme d'un certain nombre de dispositions légales tunisiennes qui restreignent des libertés individuelles voire constituent une menace grave à l'intégrité physique et morale.

Au programme de cette démarche : lutte contre la discrimination et la criminalisation des minorités sexuelles ; assouplissement de la répression de la consommation de cannabis, actuellement passible de cinq ans de prison ferme ; abolition du rachat possible d'un viol par le mariage forcé de la victime à son bourreau ; levée de l'interdiction pour une Tunisienne d'épouser un non-musulman.

À cette occasion, je découvre le travail de Robin Hammond avec Khookha, militant queer tunisien, qui renvoie à la fois au thème du mariage traditionnel, à l'imagerie politique beylicale et à l'oeuvre photographique orientalisante de Rudolf Lehnert et Ernst Landrock... bref, un joyeux mélange des genres !
 
Khookha, militant queer tunisien. Photo Robin Hammond

lundi 26 décembre 2016

Adieu 2016 !

L'année 2016 s'achève... et j'ose un bilan malgré les quelques jours restants... car que pourrait-il nous arriver de pire ces cinq prochains jours que les 360 précédents... ?

2016 fut une année triste marquée par beaucoup de violence et de tragédies au cours desquelles l'humain s'est révélé un peu plus encore dans son inhumanité... Alors qu'une part d'entre nous oeuvre pour construire des ponts et serrer des mains avec chaleur, une autre part insulte et tue... et nous perdons chaque jour un peu plus de notre innocence... de cette fraîcheur qu'il y a dix ans je croyais à l'épreuve des balles et du temps, malgré les épreuves du moment...

Nous avons beau vivre et tenter de faire briller nos rêves, nous côtoyons chaque jour un monde obscur qui peut nous saisir et nous mener bien bas.

Que pouvons-nous faire pour vaincre ces ténèbres ?

A cet instant, je songe à la musique mélancolique du compositeur anglais John Dowland (1563-1626) et en particulier à ses Larmes qui viennent couvrir 2016 d'un tapis de neige, chaque flocon représentant une âme perdue, le froid et le vent piquant nos visages fatigués... Une année meurt mais l'année renaît... belle, peut-être ? Espérons-le !

dimanche 6 novembre 2016

Le pèlerin

Le pèlerin avance, le dos voûté mais d'un pas ferme, appuyé sur sa canne... le soleil brûle sa tête dénudée mais épargne son visage, protégé par une barbe encore sombre...
Son habit blanc prend des reflets dorés mais il est aussi taché de poussière...
L'homme solitaire épouse le mouvement des éléments qui tous, terre, eau et ciel, semblent s'être donnés le mot pour gagner le lieu où ils se réuniront... le pèlerin suit ce mouvement, fait de vagues audacieuses, d'explosions foisonnantes et de matières se diffusant partout par capillarité.
Le pèlerin en quête d'harmonie est déjà uni à cet écrin de l'âme dont il ne lui reste plus qu'à ciseler les ornements.

Ce texte est rédigé à partir d'une oeuvre picturale réalisée à l'encre polychrome sur papier... J'ai voulu mettre des mots sur cette image... et j'espère que mes mots feront naître d'autres images, plus ou moins proches de l'original.