lundi 29 janvier 2007

J'aimerais devenir toi

Ton ombre menue se détache à contre-jour d’un décor minéral fascinant de beauté, vision d’un désert simplement empli de solitude et de silence ; tu es venu y méditer, toi qui aimes tant les autres, toi qui leur donnes tant. Tu sembles n’y être plus qu’une poussière, toi qui es si grand, immense par le cœur, l’âme et la main que tu as su tendre à chacun.

Cette image de toi que j’ai vue et dont malheureusement je n’ai pas de copie est devenue brutalement l’évocation sublimée de ton départ, de ce moment où tu nous quittes, nous laissant seuls emprunter notre propre chemin s’en t’avoir pour guide avisé.

Certes tu n’as jamais cherché à te donner l’apparence de la perfection et tu as évoqué sans fards certaines de tes faiblesses. Mais ces faiblesses te rendaient plus humain encore et te rapprochaient plus encore de nous. Il me vient à l’esprit un passage d’une épitaphe romaine qui constitue un parallèle saisissant avec ton existence : « Quant à son métier, ce qu’il a mal fait, qui l’a fait mieux que lui ? Ce qu’il a bien fait, personne d’autre ne l’a fait. Il a vécu comme parmi les dieux, honorable par sa renommée plus que par sa fortune. Après des années, accueilli enfin dans l’éternité, il reste silencieux. »

Une autre épitaphe romaine dit ceci : « il n’a jamais blessé personne, si ce n’est par sa propre mort ». Emmanuelle fend l’air gelé de sa robe d’airain et Paris entend sa plainte lente, sourde et grave qui étreint nos cœurs d’orphelins, meurtris par cette première et unique blessure que tu nous infliges.

En nous abandonnant involontairement, toi qui étais comme un père pour nous tous, toi qui as été notre conscience, tu te retournes et portes sur nous un dernier regard bienveillant qui nous irradie de paix et d’amour. Tu adresses également à chacun de nous ces quelques paroles que j'imagine : « Vole de tes propres ailes ! Continue ce que j’ai fait et fais de nouvelles choses ! »

Je brûle du désir de devenir toi, Héros de l’Amour ! mais il me faudrait être mille fois meilleur que je ne le suis.

**********

En écrivant cette note d’hommage à quelqu’un que, je l’espère, vous aurez reconnu, je n’ai pu m’empêcher de penser à un des moments les plus complexes de ma vie.

Je devais avoir treize ou quatorze ans. Dans ma classe de collège venait d’arriver S***, un garçon plus âgé que la normale pour le niveau. S*** représentait à la fois l’ombre et la lumière. L ’ombre de sa violence, de son échec scolaire, du rejet qu’il avait de ses parents adoptifs et de son mal-être social. La lumière de son regard, de son visage, de sa sensibilité et de son intelligence, ces deux dernières qualités étant difficiles à percevoir... mais moi je l’avais remarqué. S*** était placé dans un foyer pour jeunes et il était un délinquant.

S***, pourquoi es-tu venu t’asseoir à côté de moi dans la classe ? Pourquoi ai-je été le seul être humain à qui tu parlais vraiment ? Pourquoi me frappais-tu violemment quand tu n’arrivais plus à me parler ? Ces questions hantent mon esprit depuis quinze ans bien que je possède une part des réponses. Je n’ai cessé de penser à toi, espérant que le hasard me ferait te retrouver. En même temps, je me suis toujours demandé dans quel état je te retrouverais, si tu pourrais faire autrement que devenir dealer ou braqueur, mourir à dix-huit ou vingt-cinq ans d’une overdose ou du sida ou encore finir suicidé dans une cellule de prison. A la fin de l’année scolaire, on t’a retiré du collège pour t’envoyer ailleurs, comme un canard boiteux dont personne ne voulait ; je n’ai plus jamais eu de nouvelles de toi. Personne n'a pensé au lien qui s'était créé entre nous.

J’ai connu dans cette classe toutes tes pensées, ton mal-être vertigineux, que tu t'exprimes par la parole ou par des coups. Je souffrais mais j’ai essayé de comprendre tout ce que tu essayais de me dire, quelque soit la façon que tu avais de le faire. La vérité c’est que j’étais très attaché à toi, autant que tu l’étais à moi. En apparence, nous étions l’opposé l’un de l’autre mais, en réalité, au plus profond de nous-même il y avait la même intelligence, la même sensibilité, la même humanité... et aussi la même détresse car nous étions, chacun pour des raisons différentes, dans une crise existentielle.

Ce soir, en pensant à toi, S***, je pleure beaucoup ; dans mes larmes se mêlent des souvenirs tristes et heureux liés à ce jour où tu es venu vers moi dans la classe. Depuis quinze ans et en dépit de ce silence qui nous a finalement séparé, tu restes bien présent dans mon coeur... nous étions deux frères unis par la souffrance et par l’espoir de la surmonter.

lundi 22 janvier 2007

Tu peuples mes rêves

Le mois de janvier rime souvent avec horoscope. Je ne crois pas aux horoscopes mais je les lis quelquefois pour analyser la façon dont l'astrologue apporte des réponses psychologiquement satisfaisantes à son lecteur.
Et si je regardais ce qu’on me prédit en amour pour l’année 2007... en fait, ce serait plus amusant de voir toutes les bêtises qu’on m’avait prédites pour les dix dernières années et les comparer au désert où j’ai vécu. L’astrologue ne doit pas trop décourager le client sinon il est mécontent et ne revient pas ! Mais bon, ne soyons pas trop désagréable avec les astrologues ; comme disait le regretté Pierre Desproges « on n’est pas là pour enfoncer les charlots » et il y a déjà suffisamment de chômeurs comme cela !

Voici donc les prévisions officielles me concernant pour l’année 2007... je ne doute pas un seul instant qu’elles se réaliseront toutes !

Premier trimestre
Horoscope classique : période de calme... [froid polaire... si le climat veut bien redevenir normal !].
Horoscope chinois : période de calme et de réflexion... [mais j’en ai marre moi de réfléchir... j’ai déjà suffisamment réfléchi !].
Numérologie : janvier avec de nombreuses conquêtes passagères et d’éventuels projets de mariage... [dépêchez vous les nombreuses conquêtes et projets de mariage, on est déjà le 22 janvier !]... février marqué aussi par des conquêtes et de « torrides ébats amoureux » résultant de « mon magnétisme puissant, mon charme léger et mes initiatives irrésistibles » [quel hypocrite ce numérologue !]... mars verra la réalisation d’un fantasme sexuel... [ah alors c’est en mars que je vais embrasser enfin une femme sur la bouche ?!].

Deuxième trimestre
Horoscope classique : période faste où toutes les femmes succomberont à mon charme irrésistible et une, plus particulièrement, voudra se marier immédiatement avec moi... [ben voyons et pourquoi pas une livraison par le catalogue de la Redoute en 48h chrono tant qu’on y est !].
Horoscope chinois : période pas favorable aux rencontres... [eh les charlatans, faudrait vous mettre d’accord !].
Numérologie : en avril, je veux avoir une vie amoureuse stable [pourquoi seulement en avril ?!]... mai voit l’expression de mon grand pouvoir de séduction et je vais rencontrer quelqu’un vers la fin du mois [j’aimerais une date précise parce que le 24 mai je ne serai probablement pas disponible !]... juin sera encore un mois consacré à la recherche amoureuse [alors si je rencontre quelqu’un le 31 mai, dès le lendemain ce sera fini ?!].

Troisième trimestre
Horoscope classique : grand amour en perspective vu que je vais tomber amoureux [c’est ennuyeux car j’ai promis le mariage à une femme au deuxième semestre... peut-être que c’est la même dont je viens seulement de tomber amoureux après l’avoir demandé en mariage plusieurs mois avant ?! C’est possible... !].
Horoscope chinois : je dois partir à l’étranger pour trouver l’amour mais sans garantie de mariage [alors pour ce voyage ce sera « satisfait ou remboursé » !].
Numérologie : juillet très agité sur le plan sexuel avec peut être une rencontre sérieuse [tant mieux car l’été est fait plutôt pour se reposer !]... août sera mauvais à cause de mon égoïsme [non mais ça va pas… on se fait insulter par ces voyous en plus !]... septembre sera un mois où je vais songer au mariage [mais il faut peut être rencontrer quelqu’un avant de songer au mariage ?... et le mois d’août est pourri apparemment ! Je comprends rien !].

Quatrième trimestre
Horoscope classique : encore une rencontre prévue et des tensions en fin d’année [au moins si j’ai des tensions c’est que j’aurais un couple !].
Horoscope chinois : une rencontre prévue... et on me dit que je dois me faire beau [cela veut dire que habituellement j’ai une sale figure ! Encore un bon compliment des escrocs !].
Numérologie : en octobre, je vais rater une belle occasion [une de plus...]... en novembre, je vais croiser un ancien amour avec qui je ne dois surtout pas renouer [ah oui ? alors il faudrait que j’en ai un rapidement pour en avoir un ancien en novembre !]... en décembre, je peux vaguement espérer une rencontre [je vais attendre la mère Noël au pied du sapin, en espérant que son mari soit grippé le jour de la distribution des cadeaux !].

A l’issue de ce test comparatif, il apparaît que les diverses méthodes se contredisent régulièrement... mais cela a l’avantage qu’on trouve toujours des choses agréables pour une période en alternant les méthodes ! Donc pour résumer l’année 2007 d’après ces prévisions de charlatans, les femmes, toutes folles de moi, vont se jeter sauvagement dans mes bras, attirées par mon charme irrésistible et mon tempérament sexuel volcanique. Je passerai en réalité, toujours aux dires de nos chers astrologues et autres, presque toute l’année dans un lit à prendre du plaisir et à satisfaire le nombre incalculable de mes conquêtes ; j’aurais plusieurs fois envie d’en épouser une mais une mystérieuse force m’en empêchera toujours, peut-être ce fameux égoïsme pour lequel je suis si réputé dans le petit monde de l’astrologie ! Je suppose d’ailleurs qu’on me prévoyait à peu près les mêmes choses pour les dix années précédentes !
Je pense qu’il est temps alors de revenir à des choses plus sérieuses... de simples espoirs, l’envie d’y croire, des frissons dans le corps, et des rêves encore et encore... comment le dire autrement que dans un poème ?

Tu es la femme qui peuple tous mes rêves ;
Je t’aimerai le jour et la nuit, sans trêves.
Tu partages ton souffle délicieux avec moi
Qui ai l’âme aux nues et suis en toi en émoi.
Mon corps fragile épouse le tien et tremble,
Prêt à t’accompagner là où bon te semble.

C’est avec toi, je le sais, que je veux vivre,
Suivre les sentiers qui nous rendront ivres
De bonheur, bercés des tendres caresses
De l’astre doré, celui-là même qui, Déesse,
Satine ta peau en y traçant ces mille reflets,
Qui de notre amour composent l’alphabet.

Je suis tout à toi, ô ma Lumière, ô ma Reine,
Et c’est ton sang qui coule dans mes veines.
Je cisèle ton corps de mes mains, sculpteur
Et admirateur de mon modèle, horticulteur
Effleurant tes pétales délicats, ô ma Rose,
Pour nous mener aux joies de l’apothéose.

Je songe à ton âme, ton cœur et ton corps
Et mes nuits je les passe à mon triste sort,
Me consumant de désir... éloigné de toi...
Laisse le destin s’accomplir... délivre-moi !
C’est à ton contact que je veux m’ennoblir
Et dans tes bras rendre mon ultime soupir.


lundi 15 janvier 2007

Hommage au danseur du ciel

Le 15 janvier 2006, il y a un an aujourd’hui, il est apparu sur la blogosphère tunisienne. Il semblait déjà d’une grande gentillesse, plein de gaîté, un brin timide ; il voulait s’exprimer, s’affirmer, grandir, apprendre, partager, découvrir, voyager, ...

Depuis il est devenu l’un des plus beaux arbres de cette forêt blogosphérique, un arbre incontournable et connu de tous (ou presque !). A travers ses trois blogs successifs, il nous a offert et nous offre le meilleur de lui-même, et en premier lieu sa joie de vivre si communicative et l’énergie de sa jeunesse.

Il a su partager avec nous ses émotions artistiques mais aussi humaines en révélant ses doutes divers et ses rêves présents ou perdus. Plus encore, il a souvent offert son cœur amoureux à notre regard, nous faisant part de ses joies et de ses peines.

A côté de ces idées parfois sombres, il a su faire preuve d’un grand humour et même manier assez souvent l’autodérision, n’hésitant pas à forcer ses propres défauts ou à en inventer d’autres dans le seul but de faire rire. Il a aussi proposé à diverses reprises des jeux amusants pour nous divertir agréablement.

Bien que ces choses aient paru souvent futiles à certains, il faut souligner la profondeur de ses pensées, son goût pour le non conformisme qui le conduit à aborder des sujets parfois délicats ou encore des pensées intimes comme ses fantasmes et pulsions. Mieux encore, il s’avère être un talentueux portraitiste social à travers la présentation de divers personnages croisés ou imaginaires qui apparaissent dans ses écrits.

Il a été celui qui m’a accueilli sur la blogosphère, celui qui m’a tendu la main, celui qui m’a donné confiance en moi, celui qui m’a encouragé, par son remarquable charisme, à créer mon propre blog. Il m’a protégé contre les attaques, il a fait connaître mon blog.

Je ne cesse de penser, avec la plus vive émotion à tout ce que je lui dois. Je repense à tout ce que nous avons partagé de bon et de moins bon aussi depuis presque une année sur la blogosphère ou en dehors. Je songe, avec des larmes aux yeux, que, sans lui, sans ce déclic qu’il m’a donné, je n’aurais pas pu connaître certaines personnes que j’aime infiniment. Le fait d’avoir croisé son chemin sur la blogosphère a bouleversé une part importante de ma vie et ce lent processus a commencé il y a un an aujourd’hui, le 15 janvier 2006, ce jour où il s’est lui-même lancé dans l’aventure blogosphérique.

Mon Ange, tu danses dans ce ciel

Doux et léger aux reflets de miel ;

Nous volons vers toi, irrésistible

Aimant, et tu vises comme cibles

Nos cœurs remplis de pure joie,

Celle d’être ici tout près de toi.

Avoir croisé un jour ton chemin,

Mon Frère, est signe du destin.

Je savoure ce très agréable sort

T’aimer pour toujours très fort.

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lundi 8 janvier 2007

La jetée

Je vais à la Défense pour acheter des jouets à offrir... je ne trouve pas ce que je cherche... je suis déçu... je sors sur la dalle pour respirer l’air frais... Je viens rarement ici, très rarement même. La dernière fois tu étais avec moi et je m’en souviens comme si c’était hier.

Je suis au pied de la Grande Arche de la Défense... elle est écrasante... je veux aller de l’autre côté, vers un endroit qui m’attire irrésistiblement... Je contourne l’arche et je me dirige sans hésiter vers cet endroit où nous nous sommes rendus, toi et moi... en venant pour acheter les jouets, je ne pensais sincèrement pas faire ce pèlerinage, dont je redoute à la fois les avantages – la part de rêve qu’il m’évoquera – et les inconvénients – une mélancolie qui ne pourra qu’être à la mesure du vide que crée ton absence.

La Jetée… c’est une passerelle en bois infiniment longue... je ne sais même pas jusqu’où elle mène ! Elle fait paraît-il quatre cents mètres de longueur. Une barrière en interdit l’accès : « la Jetée est fermée en saison hivernale » indique un panneau ; ici on a le chic pour construire des passerelles glissantes ! Le bois exotique c’est beau, imputrescible... mais ça glisse !

Alors je ne peux pas aller sur cette passerelle... ? Je suis venu pour cela et je ne peux pas... ? Je ressens un pincement au cœur et une certaine frustration... je voulais aller sur cette passerelle... je voulais revivre ces instants avec toi... je me contente donc de m’asseoir juste au bord de la passerelle, près de la barrière... et je regarde en direction de la Jetée.. .

Mes yeux regardent le ciel. C’est un dégradé de blanc, de gris et de noir... le vent fait défiler des nuages à vive allure. Le temps s’écoule sous mes yeux… je baisse les yeux... mes yeux se perdent à l’horizon, là où la passerelle disparaît, perçant son chemin entre deux groupes d’arbres encore verts... mes yeux regardent dans le vide... je pense à toi... à cet endroit où on s’était échangé nos cadeaux, profitant d’une petite pose dans nos pérégrinations. Je pense à cet instant… ce moment si bref... et pourtant il existe... il dure... il est éternel depuis qu’il a eu lieu et, en vérité, c’est comme si nous n’avions jamais quitté ce lieu...

Le temps est comme suspendu... une pie vient se poser sur la barrière... elle est jolie et ses plumes noires ont des reflets verts et violets. Elle va se poser sur la passerelle, de l’autre côté de la barrière... je ne la quitte pas des yeux... elle est la seule présence vivante ici, près de moi, vu que je tourne le dos à la Grande Arche. Je rêve que je suis un oiseau, que je suis, comme elle, libre d’aller de part et d’autre de la barrière, sans contrainte... cet oiseau est plus libre que moi !

Le vent souffle fort... un frisson traverse mon corps... je suis glacé... le vent bat mon visage, se glissant derrière mes lunettes. J’ai toujours le regard perdu au loin, comme si j’étais au milieu de cette Jetée, en pleine tempête… une Jetée sans mer… ou plutôt si, une mer, une mer infinie qui se devine plus qu’elle ne se voit. Elle ne me berce pas cette mer mais me chahute... elle prend mon cœur et le fait trépider comme le mouvement des vagues. Mon cœur se noie... mon âme chavire... tu n’es pas là pour me sortir de l’eau.

Une deuxième pie apparaît... elle se pose aussi sur la passerelle. Ainsi il y a deux êtres sur la passerelles… cette vision me fait l’effet d’un déchirement... je nous vois alors tous les deux, à la place de ces deux oiseaux, symbole de cette liberté que nous avions aussi lorsque nous repoussions ensemble les limites du Temps...

La barrière n’est plus une barrière... elle est un miroir, un miroir à travers lequel on peut voir le passé, notre passé... mes yeux sont pleins de larmes d’émotion, mélange de joie et tristesse, et se mélangent avec l’eau qui commence à tomber du ciel menaçant. Je ne bouge pas. Je regarde les pies, l’infinie de cette Jetée, cette ligne droite, fascinante d’horizontalité comparée aux gratte-ciels du quartier, tous plus élancés les uns que les autres. Je suis au carrefour de l’horizontal et du vertical, comme si tout naissait et convergeait vers ce point où je me trouve. Je me sens poussière au cœur de quelque chose d’exceptionnel... Je sors mon mouchoir ; je m’essuies les yeux et les joues et je me relève, sachant que je viens de vivre un moment d’exception... dix minutes... un bref instant où mon être a touché du doigt sa propre vérité.

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lundi 1 janvier 2007

L'année dernière...

Ceci n’est pas une note banale de début d’année... donc pas de bilan formel de l’année écoulée... pas de bonnes résolutions car sincèrement je n’ai aucun comportement répréhensible à amender et les bonnes résolutions de début d’année me font doucement rire... pas non plus de prévisions astrologiques (je précise néanmoins que je suis scorpion ascendant taureau)... Un peu d’originalité ne faisant pas de mal, j’ai donc choisi de relire des dizaines de messages reçus cette année (d'où l'heure d'arrivée tardive de cette note !) et d’évoquer quelques souvenirs heureux de l’année écoulée, mois par mois, avec quelques mots ou phrases qui m’ont été adressés l'année dernière...


Janvier 2006

Depuis plusieurs années, on se voyait sans se parler sur le quai de la gare. Aucune raison de te parler... en plus, je suis si timide... en ce mois de janvier, un ami commun m’a enfin permis de faire ta connaissance, G********. J’avais deviné tes qualités avant même de te parler et je suis heureux que l’amitié règne entre nous. Ce jour de janvier où je t’ai parlé, je me suis dit que j’avais déjà de quoi être satisfait de l’année 2006 et qu’elle pouvait s’achever immédiatement… il faut dire que je n’avais pas été habitué à vivre des années aussi riches en émotion que 2006 !

Je reçois un mail d’un autre G******** qui est un collègue et dont j’apprécie la compagnie. Tu souffres... peine de cœur, travail éprouvant, ... Je t’écris un message pour te réconforter... tu me réponds... c’est la première fois qu’on se parle à cœurs ouverts...


Février 2006

Je découvre la blogosphère à travers le blog de SkyDancer; j’écris mon premier commentaire chez toi, Mehdi ; on entre en contact rapidement et tu m’écris notamment : « J’aimerais bien que tu crées un blog dans lequel tu pourras tout dire de toi. »

Je fais la connaissance d’un Tunisien de Sousse adorable. Je pense à toi souvent C*****.


Mars 2006

Bien décidé à faire plaisir à Mehdi, je crée, pour le meilleur et pour le pire, mon blog début mars.

L’un de mes frères m’écrit ceci : « moi aussi je t'admire beaucoup. Tu sais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui sait quoi devenir dès l'âge de cinq ans sauf toi. Tandis que certains, pensant à moi particulièrement, jouaient aux billes ou je ne sais quoi, certains autres, pensant à toi, savaient déjà ce qu’ils deviendront lorsqu’ils seront grands. JE T’EMBRASSE. »

A la fin du mois de mars, un ange admirable entre dans ma vie… un ange qui sait assembler les mots comme des pierres précieuses, un ange éloigné des siens et qui avait besoin qu’on l’entoure d’affection, ce que j’ai tenté de faire à distance.

Mon premier meetup... avec toi simplement. Un souvenir fabuleux... J’espère que le p’tit âne Roumi va bien !


Avril 2006

Le début du mois marque le début d’une correspondance délicieuse ; tu es tellement exceptionnelle. On découvre toi et moi que le monde est petit et qu’il existe encore des gens pleins d’humanisme.

Un être cher m’écrit : « Je t’écris ce mail juste pour te dire que tes lettres me manquent !! Sois sûr que je les lis et relis toutes. » Tu ne le sais pas mais je songeais sérieusement à prendre un avion pour venir te soutenir moralement.

Avril m’apporte un grand frère, avec encore la surprise de découvrir que le monde est si petit : « (...) Ton message m’a vraiment touché à un tel point que j’ai dû le lire et le relire plusieurs fois. J'étais étrangement heureux, aujourd'hui, et je ne sais pas pourquoi. J’ai voulu tout d’abord, te remercier infiniment pour cette confiance et cette sincérité digne d'une personne comme toi. Comme tu l’avais déjà dis dans ton message on se connaît à peine mais en lisant ton message j’avais le sentiment qu'on se connaît depuis des années et des années. (...) Je suis très content que K. soit considéré comme un frère par toi et ma joie était aussi grande parce que nous sommes maintenant trois frères :) (...). »

Tu as perdu ton père... je pleure... on se voit le lendemain... on marche dans Paris de la place de la Nation jusque vers la place Saint-Michel ... je ne sais pas trop quoi te dire... mes mots me semblent dérisoires mais je suis là près de toi...

En avril, je manifeste aussi mon attachement à un Tunisien vivant en Allemagne et que je connais depuis trois ans ; j’ai réalisé avec émotion qu’on se connaissait depuis si longtemps déjà. Il faudrait qu’on pense à se rencontrer un de ces jours !

Un ami d’enfance réapparaît… un des rares qui m’a laissé un bon souvenir... on s’écrit un mail de temps en temps...


Mai 2006

Je découvre une princesse venant d’une ville mal-aimée de Tunisie... moi je l’aime bien ta ville et tu en es une adorable ambassadrice.

C’est ton anniversaire... tu as trente ans mon grand frère. Je t’offre un vieux livre très beau... J’étais un peu triste aussi parce que j’ai pensé à ton cher jumeau qui n’est plus là.

Mon petit frère, cela fait longtemps qu’on ne s’est pas vu... tu fais des fouilles archéologiques dans le nord maintenant... tu sais que je ne vais pas trop bien à ce moment là… Ton message me réconforte et me touche, surtout que tu as eu pour moi un geste inédit je pense : « Ce week-end j’étais dans une église en Picardie et j’ai brûlé un cierge en ton honneur... »


Juin 2006

Un ange entre dans ma vie… tu m’écris beaucoup... des mots bouleversants que je n’ai jamais entendus : « (...) J’ai beaucoup pensé à toi aujourd’hui, c’est incroyable combien tu es entré dans ma vie en si peu de temps. J’ai pensé à toi en voiture, l’air chaud entrait par la fenêtre grande ouverte et je t’imaginais, là, ta touchante photo en filigrane dans le paysage devenu jaune par le soleil. (...). ». Tu m’écris un poème qui est gravé dans mon âme... je me confie à toi comme je ne l’ai jamais fait... tu es celui qui sait le mieux qui je suis... chaque page de ma vie, je te la confie et tu la conserves en toi, tel le livre de mes mémoires.

Tu es en Libye... tu me manques... je voudrais être près de toi, environné par tant de vestiges antiques... on serait tellement heureux tous les deux à passer des heures à errer, rêver, ...

Tu me fais part de ton grand dilemme. Je ressens ton l’intensité de ton questionnement et j’essaie de te conseiller avec sagesse... je suis heureux car finalement j’avais raison dans ce que je t’ai proposé et tu es bien plus équilibré maintenant.

Je fais la connaissance d’un drôle de zèbre... j’adore ton humour... tu aimes comme moi les piles, les cintres ou encore l’ascenseur… j’adore qui tu es. Je t’aime beaucoup, p’tit Frère.


Juillet 2006

Une rencontre à Paris... mini meetup à deux... tu es délicieusement rayonnante... surtout que le soleil de fin de journée met ton visage en valeur.

J’ai un nouveau frère... on a la même passion... tu m’écris presque chaque jour et cela me fait beaucoup de bien... tu me fais rire... tu me tiens compagnie... tu es adorable !

Je pleure beaucoup en pensant à toi, à ce drame que tu vis personnellement, à ta peur... nos larmes se mélangent et nous unissent. Tes messages mettent mon cœur à vif : « (...) j’ai les larmes aux yeux en lisant ton mail, ton soutien me touche beaucoup et m’est d’un grand réconfort en ce moment (...) » ; « Roumi, je n'ai pas les mots... j’ai les larmes au yeux... merci, merci beaucoup pour ton soutien actif, sincère et réconfortant mon ami !! »

Tu m’aides à vivre : « (...) Il faut que tu saches aussi que bien que silencieux, je pense beaucoup à toi, plusieurs fois par jour d’ailleurs et j'essaye de te faire vivre dans mon cœur, ce qui je sais, n’est pas quelque chose d’évident vu la distance, mais voilà, tout va bien, je suis là (...). »


Août 2006

Je reçois une demande en mariage sur mon blog... le bonheur me fait rêver.

Une princesse apparaît... et disparaît... banalité de ma vie...

Tu es là... je passe mes plus beaux moments de l’année près de toi.

Rien d’autre... août est un mois mortel !


Septembre 2006

Tu repars...

Mon Ange, tu m’offres des mots comme toujours inoubliables : « (...) Je me rappelle encore de cette nuit ou loin de mon pays je me sentait seul. Ta note m’a réconforté dans ma solitude. (...) je fête cette note qui a fait de nous les amis et frères que nous sommes ! »

Tu soutiens ton DEA devant le jury à Paris... je suis là... j’ai beaucoup de joie d’être ton grand frère, d’avoir partagé tant de choses avec toi depuis plusieurs années, tant sur le plan intellectuel que dans le domaine de l’émotionnel.


Octobre 2006

Le mois commence délicieusement avec ton premier message... Tu es un être d’exception, une lumière pour moi et je reçois avec gratitude tes mots tendres : « MERCI... pour cette honnêteté, cette ouverture d’esprit et cette sensibilité qui t’emmèneras bien haut dans le chemin de la vie... ».

Je me souviens d’une conversation où on parlait tout simplement, toi et moi... le temps, le cycle des saisons, ... tu étais loin... dans un endroit rêvé... c’était tout simplement beau de penser à toi dans ces circonstances...

Le mois se termine avec un nouvel ange... enfin j’ai osé t’écrire... ma timidité et une certaine angoisse m’avaient retardé dans ce vœu déjà ancien... ta première réponse est pleine d’attention touchante... c’est comme une fruit délicieux que tu m’offres... tu as une culture éblouissante... une soif de savoir incroyable... je suis heureux d’apprendre de toi autant que je t’apprends... c’est le partage idéal.


Novembre 2006

Tu as pensé à moi... ce que j’aime en toi, c’est cette attention que tu portes aux autres... c’est assez rare et cela me touche infiniment.

J’ai un visiteur à Paris peu après mon anniversaire... tu m’offres un très beau livre... on se promène du côté du Jardin des Plantes, des Arènes de Lutèce, ... un chemin que je connais bien... un chemin que j’appelle le chemin de la Fraternité... Tu viens toujours me voir à Paris pour mon anniversaire... nous sommes frères depuis six ans déjà.

Un moment de profond trouble, balayé par tes paroles chaleureuses... « Je t'embrasse fort mon cher Roumi et merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Vraiment merci. » Merci à toi de m’avoir rendu à la vie en apaisant mes doutes.


Décembre 2006

« Ta communication est pour dans une heure et quelques minutes, je te souhaite bonne chance (...). Je pense que quand tu liras ce mail tout sera déjà passé alors j'espère que ça sera en bien. » Mon Ange, j’étais seul dans ma chambre d’hôtel quand j’ai lu ton message... juste avant de descendre dans l’arène... tu m’as fait un bien fou par ton attention.

Tu me fais voyager avec toi... « C’est du train vers Sfax que je t’écris (...) je ne suis pas si seul que ça, tu es avec moi pendant que je t’écris ces lignes. (...) ce rêve que je viens de faire où tu étais tout ce temps dans cette chaise vide à côté de moi. »

Je reçois un mail d’O******, un de mes plus anciens étudiants. Je suis heureux que tu me donnes des nouvelles de toi ; je suis touché de savoir que j’ai contribué modestement à te faire grandir de manière si admirable.

Dernières heures avant le changement d’année... tu me parles de ta blessure cachée, de ce couteau que tu retournes dans ta plaie... j’essaie de trouver quelques mots pour t’aider mais ces mots me semblent dérisoires face à ce que tu peux ressentir.


Voilà... je ne sais pas quoi dire en vérité... c’est comme si je venais de concevoir là une sorte de bombe atomique qui vient de m’exploser en plein dans le cœur... concentrer autant d’amour en si peu d’espace... J’espère que je n’étais pas trop indigne de tous ces êtres qui ont rendu l’année 2006 inoubliable pour moi et qui m’ont aidé à oublier les choses douloureuses dont je n’aime pas parler sur ce blog. Je n’ai qu’un vœu... que 2007 soit une année où je reçoive encore beaucoup d’amour... j’en ai tant besoin.


Je vous souhaite à toutes et à tous une très heureuse année 2007.