vendredi 31 décembre 2010

Une statue pour Jaurès

Jean Jaurès, qui a donné son nom à une grande avenue du centre de Tunis, repose au cœur de Paris depuis que ses cendres ont été transférées au Panthéon en 1924, dix ans après son assassinat à la veille de la Première Guerre Mondiale.

Cet accueil au Panthéon marque la reconnaissance symbolique de la France à l'un de ses plus brillants esprits, qui a su se démarquer régulièrement de l'opinion générale pour favoriser le fragile idéal d'une communauté humaine dépassant les singularités de chaque individu. Certes Jaurès n'était pas sans contradictions mais il semble tendre progressivement vers des positions relativement conformes au regard global qu'il porte sur le monde, un monde pacifié et tolérant qui prendrait résolument son destin en main pour plus de justice sociale.

Si Jean Jaurès était un acteur de la vie publique française, il n'en demeure pas moins un idéaliste peu écouté, particulièrement par la postérité : l'horreur des guerres mondiales, l'extermination méthodique de certaines communautés ou encore la poursuite de la colonisation sans inflexions marquent autant d'échecs de l'orateur de Carmaux à se faire entendre, y compris à titre posthume dans les quelques décennies qui ont suivi sa disparition.

La tombe de Jean Jaurès - plutôt un cénotaphe - est austère : un sarcophage blanc sans véritables ornements sinon des rameaux d'olivier en métal, symboles de son engagement pour la Paix. Ce dépouillement tranche finalement avec ce que l'on peut imaginer du personnage, vif, pugnace, amoureux des mots qu'il offrait à tous comme enseignant, journaliste ou encore comme homme politique haranguant la foule ou ses collègues députés.

Il y a quelques jours, j'ai assisté à un curieux spectacle ; j'ai vu Jaurès qui s'adressait à nouveau à nous, perché sur un petit camion garé le long du Panthéon... Je me suis frotté les yeux : c'était bien lui ! Autour : rien ni personne... il était seul sur l'esplanade, face à une foule évanouie, lui tendant ses bras, penché en avant comme pour mieux la saisir alors qu'elle s'était manifestement dérobée. Elle est troublante cette vision du tribun du XIXe siècle qui prêche dans le désert du XXIe siècle et ce malgré les invocations régulières de tous ceux qui se revendiquent de lui - ils sont nombreux !

Cette statue a rejoint, je le suppose, la crypte du Panthéon où reposent les restes de Jaurès, illustrant ce qu'il est de plus évident dans la mémoire collective : celui qui allait vers les autres pour tenter de les convaincre, les rassembler et les aider à développer un supplément d'âme. On est sans doute assez loin du mépris cynique des professionnels de la politique d'aujourd'hui, tous bords confondus !

L'hommage est cependant étrange, la statue n'étant manifestement que la réplique d'une autre réalisée par le sculpteur toulousain Paul Ducuing en 1929 pour orner la place Jean-Jaurès de la ville de Suresnes, en proche banlieue parisienne. Plutôt que d'enfermer Jaurès dans une posture convenue, stéréotype où le grand homme est réduit dans l'esprit du plus grand nombre, il aurait sans doute mieux valu qu'un artiste de notre temps le rende à la vie en portant un regard novateur sur une personnalité singulière du passé.

mercredi 22 décembre 2010

Un poème à la mer...

Tes fleurs parsemées en moi hier encore,
Mon Coeur, mon âme les vénère d'abord
Pour leurs parfums aux mille souvenirs
Que déjà, réjoui aux cieux, tu m'inspires.

L'azur, nimbe de l'arche du voyageur,
Illumine mon chemin vers cet Ailleurs
Où je te retrouve toujours, à jamais...
Je veux espérer en ces songes parfaits,

À l'essence du bonheur qu'un ange las
Préfère à tous les chemins de Damas.
Fidèle à la saveur de ce que l'Autre,

Aimable pêcheur autant qu'Apôtre,
Peut nous offrir de plus merveilleux,
Je te désire, toi, et ce destin soyeux.


jeudi 9 décembre 2010

Horizons

Horizon de Turquie


Je demeure fasciné par la contemplation de l'horizon... sans doute un vestige de l'enfance où je passais le plus clair de mon temps les yeux dans le ciel, à la recherche d'une vie meilleure et d'un supplément d'âme.

Je regarde moins le ciel - nettement moins en tout cas - ou plutôt je le regarde différemment. À une vision globalement verticale semble avoir succédé une vision plus horizontale. Là où le ciel n'était pour moi qu'un pur espoir d'élévation et une échappatoire, il est devenu un élément sans doute plus apaisant qui a retrouvé ses deux autres dimensions et par là même son équilibre.

Contempler l'horizon, c'est comme regarder un miroir où se refléterait notre vie à venir, avec son lot de certitudes - éléments intangibles du paysage, montagnes, arbres ou monuments aux airs d'éternité - et puis aussi avec son lot de doutes - brume lointaine ou soleil éclatant qui voile une forme de vérité que nous désirons sans pouvoir l'atteindre.

Il est aussi troublant de constater que l'horizon n'est pas Un. Chaque horizon se distingue d'un autre par sa lumière ou encore cette ligne finale ondulante qui lui donne une identité éphémère. Et pourtant l'horizon reste l'horizon, générant au fond la même émotion, celle d'une âme qui se retrouve presque flottante entre le ciel et l'eau ou le ciel et la terre, une âme légère qui erre avec pour compagnes les caresses du vent et le silence qui murmure...

Cet horizon cristallise aussi la rencontre des différents temps composant nos vies. L'instant présent nous porte vers demain sans nous faire oublier hier. Ces grands espaces qui nous séparent de l'infini, nous les peuplons de pensées foisonnantes, autant d'hommages à nos chers disparus que d'espoirs à celui ou à celle que l'on ne connait pas encore mais qui est forcément déjà quelque part, devant nous.

dimanche 7 novembre 2010

Le pont transbordeur de Bizerte

Ingénieurs des ponts. L'histoire de la famille Arnodin - Leinekugel Le Cocq de 1872 à 2002 est un livre passionnant qui vient tout juste de paraître aux éditions La Vie du Rail à propos d'une famille d'ingénieurs français ayant construit de nombreux ouvrages d'arts métalliques, particulièrement des ponts suspendus et des ponts transbordeurs.

L'auteur, Didier Leinekugel Le Cocq, malheureusement décédé un an avant la parution, était le représentant de la quatrième génération de ces bâtisseurs qui ont œuvré un peu partout à travers le monde à partir de 1872, développant plusieurs projets innovants tels que le câble à torsion alternative, la grue roulante et pivotante, des ouvrages où chaque pièce peut être renouvelée individuellement ou encore l'élaboration d'un type de pont novateur, le pont transbordeur.

Le pont transbordeur est sans doute la plus emblématique des réalisations de l'entreprise, depuis le dépôt de son brevet d'invention en 1887 par Ferdinand Arnodin (1845-1924), l'arrière-grand-père de Didier Leinekugel Le Cocq. Le principe en est simple : deux pylônes métalliques soutiennent un tablier avec un rail le long duquel circule un chariot relié à une nacelle permettant d'assurer la liaison entre les deux rives d'un cours d'eau, le tout sans entraver la navigation.

S'il ne reste actuellement des neuf ponts transbordeurs construits que trois en activité, à Bilbao (classé au patrimoine mondial de l'Humanité), Newport (Royaume-Uni) et Rochefort-sur-Mer (classé Monument Historique français), ces édifices métalliques majestueux ont généralement laissé des traces durables dans les mémoires même quand ils n'avaient eu qu'une existence éphémère.

Le pont transbordeur de Bizerte est le seul à avoir été construit hors d'Europe par Ferdinand Arnodin. Il enjambe sur 109 mètres le canal d'accès au Lac de Bizerte - large de 100 mètres et profond de neuf mètres - aménagé lors des travaux considérables entrepris entre 1891 et 1895 pour donner au port - et donc à la ville - la physionomie que nous lui connaissons encore aujourd'hui. La construction du pont transbordeur se déroule peu après ces travaux, de 1896 à 1898 : il est destiné à supprimer le bac reliant les deux rives du canal, jugé gênant pour la circulation commerciale et militaire dans le canal. Le tablier du pont culmine à 44 mètres, ce qui permet l'accès du canal à des bateaux de taille imposante, qu'il s'agisse de voiliers ou de navires propulsés par des moteurs thermiques.

Suite à l'inauguration du pont transbordeur de Bizerte en 1898, Ferdinand Arnodin est fait commandeur de l'ordre beylical du Nichan Iftikhar par Ahmed Ier, possesseur de la Régence de Tunis, ce qui traduit autant la satisfaction du souverain tunisien que celle des autorités françaises qui exercent alors leur protectorat en Tunisie et comptent faire de Bizerte une des principales bases navales françaises.

Diverses représentations de ce pont transbordeur existent, particulièrement des cartes postales ; elles montrent généralement le pont franchi par d'imposants navires militaires dont certains sont encore munis de voiles. L'une d'elle, datée de 1903, rappelle la première visite d'un président français, Émile Loubet, en Algérie et en Tunisie, en avril 1903 ; entre le portrait en médaillon du président et le drapeau tricolore figurent les armoiries beylicales ;
le pont transbordeur de Bizerte apparaît ainsi dans certaines formes d'expression iconographique coloniale comme un symbole de la réussite du protectorat français en Tunisie. Pour autant, le correspondant du journal français Le Figaro qui décrit la visite du président Émile Loubet à Bizerte le 29 avril 1903 ne fait aucune allusion spécifique à son pont transbordeur, preuve que ce dernier n'avait sans doute pas touché tous les esprits.

Symbole ou non, le pont transbordeur de Bizerte est de toute façon déjà condamné à cette date. La nécessité de sécuriser l'accès des navires dans le canal a conduit en effet à envisager dès le tout début du XXème siècle son élargissement à 200 mètres, une largeur incompatible avec celle du pont. En outre, le pont transbordeur s'est révélé également très rapidement victime de son succès et donc inadapté aux besoins en raison d'une nacelle trop petite.

Le pont transbordeur de Bizerte est donc démonté en 1907 alors que les opérations d'élargissement du canal sont en voie d'achèvement. Après plusieurs années de stockage sur place, les éléments subsistants du pont transbordeur sont expédiés par bateau à Brest en 1917 pour y être remontés sur le fleuve côtier Penfeld. Endommagé en 1944, le pont transbordeur de Bizerte, transporté à Brest, succombe une seconde fois et il est finalement détruit en 1947.

À Bizerte, avec la désaffection du pont transbordeur, il est prévu dès 1903 le rétablissement d'un système de bac ; deux bacs propulsés par la vapeur doivent assurer la liaison régulière entre les deux rives du canal élargi. Plusieurs vues photographiques illustrent la traversée selon ce mode de transport qui a fonctionné pendant trois quarts de siècle sans toutefois donner entière satisfaction en ce qui concerne l'absorption d'un trafic en hausse. Certains envisageaient même dès 1900 la réalisation d'un tunnel de circulation sous le canal, une option qui n'a finalement jamais été retenue.



À la fin des années 1970, les autorités tunisiennes décident de rétablir un véritable pont à Bizerte pour favoriser la circulation routière entre Tunis et Bizerte par le chemin le plus court, c'est-à-dire par le nord du lac de Bizerte Un pont levant est donc réalisé entre 1978 et 1980 avec système de levage du côté de Zarzouna pour que, dit-on, le président Bourguiba soit assuré de pouvoir entrer dans Bizerte au cas où sa population en serait venue à fomenter une révolte. Quoiqu'il en soit de cette petite histoire, la Tunisie a renoué grâce à ce pont bizertin avec les grands réalisations innovantes de l'architecture et le pont levant a rejoint l'excellence de son lointain prédécesseur, le pont transbordeur de Bizerte.

(photo du pont levant de Bizerte extraite de Wikipedia)

samedi 18 septembre 2010

La fin d'un cycle ?

Je reprends la plume virtuelle pour occuper un peu de cet espace qui m'a rarement inspiré ces derniers mois. Il est tout à fait regrettable que mon temps ait été aussi accaparé par le travail ; je persiste cependant à ne pas vouloir y poster ce que la facilité pourrait dans de telles circonstances me dicter : photographies, articles de presse copiés-collés, textes brefs tellement brefs qu'ils seraient sans substance.

Le cycle dont je parle, c'est sans doute celui d'un jeune homme qui d'étudiant "studieux" à chômeur désemparé est devenu pour l'heure un salarié débordé. Ce cycle c'est aussi cet attrait pour les blogs qui s'est sérieusement essoufflé ; il y a quelques années, il y avait une vie permanente... et je ne parle pas de mon blog où je ne publiais qu'une fois par semaine mais de bien d'autres où il y avait toujours quelque chose à lire et à commenter. Ce cycle ce sont ces amis connus sur les blogs et qui de virtuels qu'ils étaient le sont redevenus ; nous avons appris à nous connaître... nous nous sommes rencontrés... et puis chacun est reparti dans son coin avec le sentiment fallacieux d'être plus riche humainement parlant et de pouvoir capitaliser cela dans une sorte de banque nommée notamment Facebook... une banque d'épargne où le capital ne travaille pas ou presque, un peu comme le livret A français qui ne rapporte presque plus rien actuellement.

L'été aura justement été marqué par la désactivation de mon compte Facebook. Je ne pense pas manquer à grand-monde et je n'ai eu qu'un seul contact pour m'écrire personnellement et en parler simplement avec moi, tout en s'assurant que j'allais bien. La froide indifférence règne donc en maîtresse jusqu'au point de non retour, ce moment où l'on se sent plus étranger que familier d'un être pourtant cher. Si je me sens toujours apte à revenir vers ceux qui le souhaitent, il me semble que ce n'est pas le cas de tout le monde et que certains, parmi ceux qui se sont égarés, ne se sentent pas en mesure de reconnaître les bases des édifices qu'ils ont largement contribué à ruiner et s'atteler enfin à leur reconstruction, forts de l'expérience (mal)heureuse passée et de l'envie de se dépasser. On ne peut rien contre cette sorte de culpabilité qui mériterait d'être effacée au plus vite par des actes positifs.

Au fond, ce que je dis là et que je pense depuis un certain temps, ce n'est pas quelque chose qui serait simplement né dans mon esprit. C'est aussi ancré en bien des êtres. Je connais pas mal de gens qui n'ont pas Facebook ou MSN et qui ne comprennent pas à quoi cela leur servirait ; ils restent méfiants, attachés à certaines valeurs d'échange sans doute plus traditionnelles mais qui ont fait leurs preuves et demeurent effectives quand tant d'autres liens s'évanouissent dans le néant technologique. J'essaie d'expliquer quand on me le demande ce que sont ces outils et à quoi ils pourraient servir dans l'idéal, avec mesure et maîtrise. J'ai essayé d'échanger un peu via Facebook notamment mais j'ai senti en définitive que je donnais à mes contacts du combustible pour ne pas revenir à des contacts plus personnels et directs... et sans doute aussi que de mon côté je me résignais malgré ma résistance à essayer de suivre la vie de mes proches de cette façon, faute de mieux, avec ce reflet désagréable d'un lien personnel noyé dans l'impersonnel, d'une mise en scène de sa propre vie avec des scènes composées, des allusions adressées à tel ou tel sans que chacun puisse les comprendre, ...

En cette rentrée, une ombre est venue s'abattre brutalement sur moi et elle n'est pas sans rapport avec ce que je viens d'exposer, ce qui me rend ce constat plus pénible encore. Je songe à toi, mon Cœur, qui viens de nous quitter... je songe à ton besoin quasi frénétique de collectionner des centaines de contacts sur Facebook et MSN... je songe à ton sentiment de solitude qui ne s'est pourtant jamais éteint en dépit de ces artifices... je songe à tout ce temps que tu as ainsi perdu et qui aurait été mieux employé pour les êtres plus essentiels à ta vie ainsi que pour donner libre cours à ton œuvre. Tu es en quelque sorte le symbole de ces âmes perdues en un temps quelque peu vidé de sa dimension humaniste et une technologie victime de son succès.

mercredi 4 août 2010

L'éternel recommencement

Aujourd'hui encore mêler mon souffle à ton âme,
C'est le dessein de ma Vie qui résonne en drame ;
Tu défailles, hélas, et ton ombre alors demeure
Ce linceul froid teint de la pourpre de mon cœur.

Espoir, sur mes lèvres assoiffées tu refleuriras
Pour illuminer le triste horizon de mon Sahara ;
Tel est mon rêve : ta peau, arc-en-ciel de satin,
Et ton nom, devenu précieux guide de ma Main.

Ce poème est à toi et pour que je me souvienne
De ton mystère, Bel Ange au regard obsidienne
Qui trace ce chemin parfumé au sein des étoiles.

Au point où le jour retombe comme un voile,
Et où s'épuisent tendrement les bras aimants,
Ces vers résonnent, éternel recommencement.

samedi 10 juillet 2010

Toi là-bas et moi ici...

Tu m'appelles et je reste sans voix... c'est pourquoi je ne décroche pas. Premier appel depuis sept mois... je me demande si le record n'est pas battu cette fois. Tu rappelles... je reste de marbre.

À quoi bon... ?! Je sais que tu ne m'appelles pas pour me donner rendez-vous ; on ne s'est pas vu depuis sept mois et, si tu tiens subitement à te rappeler à mon (bon) souvenir, c'est juste pour me parler de ton bonheur personnel, de ce qui t'attend toi et qui ne me concerne pas tellement en définitive.

Certes je suis ton frère... JE SUIS ton frère... tu n'es pas le mien... tu as toujours refusé cette réalité pour des raisons qui dépassent l'entendement. C'est comme avec A... qui pense qu'il est mon ami alors qu'il ne l'est pas ; je suis son ami en revanche, sans aucun doute, parce que je suis l'un des rares à supporter ses caprices quasi hystériques, ses manies grégaires ou encore sa "blonde-attitude". Il est donc des liens qui tiennent plus d'un côté que de l'autre ; pas étonnant donc qu'il s'agisse de conjugaisons bancales.

Je pense à toi, oui... moi aussi... je n'écrirai pas une lettre pour te le prouver... car cela ne prouve rien en réalité. C'est touchant, il est vrai, émouvant véritablement... mais cela ne change pas les faits : je n'existe plus pour toi. Tu me sors comme une vieille pièce du service en argenterie pour les grandes occasions et c'est tout.

Tu aurais aimé que je sois près de toi... non pas pour moi mais bien pour toi, pour cette illusion d'harmonie que cela t'aurait procuré, l'image d'un environnement en bon ordre à présenter à la face du monde. Tu sais combien je suis ennemi des conventions quand elles reposent sur le mensonge. Jouer le rôle d'ustensile sentimental n'est pas pour moi, même si cela doit perturber ton harmonie du moment et que cela amènera des commentaires.

Je vais rater un mariage, oui... mais ce n'est pas le mien de toute façon et je n'aime finalement pas tant que cela cet étalage de bonheur si conformiste, si égoïste aussi... ! C'est un drame que je ne sois pas là... mais je suis là les autres jours de l'année et sans qu'aucune attention me soit accordée. Alors à tout prendre, autant user pour une fois de la même logique que celle qui est tienne.

On n'en sort plus de ces malentendus sentimentaux... de ces gestes que l'on fait pour d'autres et sans retour. Un autre ami s'est réveillé aussi ces derniers temps, après un temps si long que je n'ose pas même le dire. Il a eu l'air de faire comme si de rien n'était et me demande lui-aussi de me rappeler... décidément, c'est une manie !

Et que dire de S... venu passer ses vacances à Paris et qui m'a royalement ignoré au point de venir même à quelques mètres seulement de mon lieu de travail. Les gens font de plus en plus n'importe quoi... ils veulent des amitiés kleenex notamment... il faut être là pour eux à la mondre occasion où cela les arrange... mais pas question de leur demander la moindre chose, pas question de compter sur le bon sens humain qui n'existe plus ou presque. Je comprends d'une certaine façon la propension de certains individus à se persuader que la solitude est une grande et belle chose... il vaut mieux peut-être s'habituer à elle avant qu'elle ne s'impose à nous de manière brutale par le silence et la négligence de ceux que l'on aime profondément et qui nous le rendent parfois si peu.

Chacun chez soi donc... en attendant que tu comprennes peut-être que la Vie ne consiste pas simplement à recevoir mais aussi à offrir de son temps et de son attention aux autres. Tu as beau dire que ce n'est pas ton fort, quelques efforts feraient déjà le meilleur effet.

dimanche 27 juin 2010

Ce qu'il me reste de toi

Que dire sinon que chaque déception reste une déception, LA déception... Même si l'on s'affermit avec les ans et au fil des expériences plus ou moins heureuses, il y a toujours ce goût amer qui revient, toujours aussi surprenant, jamais tout à fait semblable, de même d'ailleurs que le bonheur, sans cesse renouvelé, n'est jamais parfaitement identique malgré des circonstances parfois similaires.

Ce qu'il me reste de toi et de ce lien étrange qui t'a retenu loin de mes bras ? Un beau cadeau, je l'avoue... une somme poétique d'un "autre Roumi" (je parle de Jalal al Din !). Il s'agit du Divân d'Hâfez de Chiraz, un poète mystique persan du XIVe siècle, encore très populaire aujourd'hui en Iran. La traduction en français est de Charles-Henri de Fouchécour (éditions Verdier).

Il est assez étonnant cet ouvrage car on peut ne pas le lire du début à la fin mais simplement ouvrir une page au hasard... et on y trouvera toujours quelque chose de beau.
Quelques exemples :
"À l'assemblée qui fête la belle vie manque le parfum de l'objet désiré.
Souffle d'aube au doux respir, où est le musc des cheveux de l'Aimé ?"

"S'il te faut le soleil au milieu de la nuit,
de la fille de la vigne à face de rose découvre le visage !"

"Depuis que mon cœur errant est parti aux ondulations de Sa chevelure,
de ce long voyage il ne pense plus se rendre dans sa patrie."

"La rose aurait voulu parler de la couleur et du parfum de l'Ami. La jalousie du zéphyr a fait que le souffle est resté en sa bouche."

Tu es le flambeau de l'assemblée, n'aie qu'une langue et qu'un cœur !
Vois les fantasmes du papillon et ses efforts, aie le sourire !"

Ces quelques extraits illustrent ce que sont les centaines de pages du livre, éclairé par des commentaires qui permettent de progresser dans la compréhension des codes de l'œuvre d'Hâfez de Chiraz. Cette poésie est riche, très inspirante... elle nous promène comme une mer malicieuse de la joie à la mélancolie, de la contemplation à l'action, de l'émotion à la réflexion... C'est un livre à garder précieusement et à lire et relire par petits morceaux le plus souvent possible.

À toi qui m'as offert ce livre, je dis "merci quand même" pour cette saine lecture vivement conseillée à tous !

Hâfez de Chiraz, Le Divân, introduction, traduction du persan et commentaires par Charles-Henri de Fouchécour, éditions Verdier, Paris, 2006.

mardi 1 juin 2010

Boîte noire de mon âme (VII)

La dernière Boîte noire de mon âme remonte à onze mois... Pourtant il s'en est passé des choses là haut depuis l'an passé : un mélange subtil de situations qui semblent devoir se reproduire éternellement et de nouveautés totalement inattendues.
Le principe de la Boîte noire reste le même : des bribes de pensées qui s'enchaînent théoriquement les unes après les autres...

Deux ans déjà... des mots inoubliables pour un Requiem qui n'en finit pas... je te relis parfois, histoire de me souvenir que je n'ai pas rêvé, espérant que cela puisse encore exister ici ou là pour d'autres que moi. Une vague aussi douce que brutale... un conte de fée qui n'appartient pas qu'aux petites filles... Il y eut l'avant et l'après, à plus d'un titre... Je ne peux que rêver de connaître à nouveau un bouleversement de ce type, que l'après soit un nouvel avant et que cet avant et que le nouvel après soient meilleurs encore, fort du passé et convaincu de l'avenir.

Un an déjà... en partance pour la Tunisie et ses délices. J'ai le mal intense du pays depuis déjà quelques semaines... un mal ravivé par une émission de télévision pas aussi parfaite que je l'eus voulu... mais déjà assez suggestive pour me rendre mélancolique... un sentiment attisé par ce souvenir, cette parenthèse divine qui demeure une des plus grandes richesses humaines qu'il m'ait été donné de recevoir. Je voudrais : boire une Celtia, contempler l'horizon à Chemtou, réparer à nouveau ton lavabo et dormir sur ton petit matelas pliant, me recueillir encore à Tourbet el Bey, voir les fleurs de Carthage, ... Bon par contre je ne voudrais pas : risquer de me prendre encore une poubelle sur la figure, revoir Labib dans sa tenue de Superman des ordures, croiser à nouveau l'homme qui se croit chez lui au milieu des antiquités de Zaghouan, ... Ah j'oubliais : Virgile et ses muses m'attendent au Bardo...

Demain... avec toi... les rêves les meilleurs méritent qu'on leur donner vie.

Le Tireur d'épine... J'ai pensé à lui la semaine passée., devant sa modeste réplique en terre cuite.. je pense à nouveau à lui ces derniers jours, dans sa version romaine qu'il fut agréable de contempler... il a l'air si habile pour se sortir de la difficulté où il se trouve que je l'envie... il est aussi une illustration de la pénitence et, dans ce domaine, j'ai manifestement de quoi faire...

Tireur d'épine (Palais des Conservateurs, Rome)

lundi 24 mai 2010

Une lueur dans le miroir

Un long chemin parsemé de pierres blanches :
Heureux, mon cœur à cette source s'épanche,
Paré de ta flamme, de ta lueur dans ce miroir
Qu'il aperçut hier et depuis revoit, cher Espoir.

Dans l'ombre fraîche d'une Rose sans épines,
J'ose invoquer le ciel favorable : Qu'il dessine
Les caresses rituelles de mes yeux attendris
Et tresse auprès de Toi deux rameaux épris ;

Que l'arbre vénérable prêche son murmure,
Et frémissant, je m'étourdirai de cet augure,
Écho d'une âme à la course joyeuse et sage

Qui de l'Amour pour Toi esquisse les rivages.
Des Vertus et beautés simples, tu es Parfum,
Incarnation éternelle, Bel Ange, mon Destin.


vendredi 14 mai 2010

Explosion de bonheur

Dieu m’est témoin que ce suprême Trésor

Entre ses mains douces possède mon Sort

Et qu’en songe, toujours, je lui appartiens,

Mon regard dévorant ce tendre Méridien.


Mourir d'un corps fou et le cœur esseulé,

Ma bouche fredonne d'une voix enrouée

Les cantiques de l'absence de ton miel,

Mélodies sourdes du néant de mon ciel.


J'étais mais ne suis plus : tu es si loin…

Astre splendide qui, à l’horizon, un point

Deviens, suis-moi, je te prie, et demeure ;


Explose-moi à jamais l’âme de bonheur,

Goûte mon souffle, je l’ai sucré pour Toi.

À Toi, je me rends, mon Cheval de Troie.



dimanche 2 mai 2010

La Tunisie et P.L.M.

J'ai dit il y a déjà un certain temps ici tout le "bien" que je pense de la Poste Tunisienne ; si cela peut rassurer, je ne suis pas beaucoup plus confiant en la Poste Française, mon dernier livre ayant échoué dans la boîte aux lettres d'une voisine qui a eu l'honnêteté de me le restituer.

Ce miraculé s'intitule Le train s'affiche ; il est l'oeuvre de Thierry Favre et de Jean-Marc Combes, éditions de La vie du Rail (2005). Ce livre est consacré aux fameuses affiches publicitaires qui ont été réalisées depuis le XIXe siècle pour valoriser l'usage des réseaux ferrés. On y trouve à la fois certains grands classiques, comme l'affiche du train franchissant le viaduc auvergnat du Garabit - c'est la couverture du livre - et des affiches plus méconnues, de divers pays européens, qui livrent un autre regard sur cet art si particulier mis au service du progrès technique et du commerce.

Il s'agit bien d'un art en effet, les compagnies ferroviaires ayant déployé de la sorte une grande énergie pour susciter le rêve chez leurs usagers potentiels. On peut même parler de séduction, celle-ci étant particulièrement explicite dans des affiches où figurent des femmes souvent un peu lascives et peu vêtues, illustration de l'agrément des bains de mer, rendus accessibles par les liaisons ferroviaires.

La séduction au sens plus large passe aussi par l'exaltation de la nature, des paysages sauvages partiellement maîtrisés par l'homme, notamment par le biais d'impressionnants ouvrages d'art - ponts de pierre, viaducs métalliques et tunnels - qui sont extrêmement fréquents sur les affiches ferroviaires. Les horizons sont soit coupés de hautes montagnes soit plats jusqu'à perte de vue... et le train traverse toujours ces espaces quasi désolés d'un fier panache de fumée, sauf quand il s'agit bien entendu d'un autorail ou d'un convoi à traction électrique.

Une autre façon de développer l'intérêt du voyageur, sans doute plus masculin d'ailleurs, est la mise en avant des techniques de pointe utilisées par le rail, qu'il s'agisse des ouvrages d'art dont il a déjà été question, du matériel roulant dont on suit l'évolution dans le temps au fil des affiches ou encore des équipements de voies - signalisation et aiguillages. L'intérêt de tous, avec sans doute une faveur accrue pour les femmes, est mis sur le confort intérieur des trains, la qualité du service intérieur, ...

Les affiches des compagnies ont également contribué à développer ce que les auteurs du livre appellent l'invitation au voyage, le goût pour la découverte des provinces ou des pays voisins reliés par le rail. Et c'est là sans doute que j'émettrai une légère réserve sur l'intérêt de ce livre ; j'ai été en effet un peu déçu de ne pas y trouver la moindre affiche ferroviaire évoquant le Maghreb. Certes on ne peut nier que ces affiches sont moins nombreuses que celles d'outre-Méditerranée mais elles ne sont pas pour autant inexistantes.

On doit songer notamment à l'intérêt développé pour le Maghreb par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, plus connue sous le nom de P.L.M., entreprise qui a été créée en 1857 et qui a survécu jusqu'à la nationalisation des réseaux ferrés français en 1938. La ligne ferroviaire de Paris à Lyon et Marseille ne pouvait que s'intéresser au Maghreb, étant donné son positionnement sur un axe de circulation majeur et au débouché maritime qui lui succédait en direction des terres où la France avait établi son autorité sous la forme de la colonie (Algérie) ou du protectorat (Maroc et Tunisie). Hormis certains navires qui reliaient le Maghreb depuis les ports de l'Atlantique, la ligne PLM était la clé d'accès évidente vers les ports les mieux disposés pour établir les relations entre les deux rives méditerranéennes.

On ne s'étonnera donc pas que la compagnie française PLM se soit de manières diverses positionnée sur le marché des transports entre la France et l'Afrique du nord occidentale. Elle a poussé cette logique jusqu'à gérer et étendre une part du réseau ferré algérien, notamment la liaison Alger-Oran et celle entre Philippeville (Skikda) et Constantine. PLM devait cependant coexister avec plusieurs autres compagnies ferroviaires, ce qui entraînait de nombreux changements pour les voyageurs au cours de leurs longs trajets. Nous citerons l'une de ces compagnies, finalement plus complémentaires que réellement concurrentes : la Compagnie des chemins de fer de Bône-Guelma et Prolongements (BG) qui gérait aussi la partie nord du réseau ferré tunisien, d'abord pour son propre compte puis, sous le nom de Compagnie fermière des chemins de fers tunisiens (CFT), en concession sur le réseau nationalisé par l'État tunisien en 1922.

La compagnie P.L.M. a donc déployé des moyens de communications en faveur de ses activités des deux côtés de la Méditerranée. On peut notamment songer à des plaquettes assez luxueuses telles que l'Atlas P.L.M. consacré à la Tunisie, dont l'exemplaire ci-dessous date de 1920 environ. Sur la couverture, mêlant le style Art déco et les motifs orientaux, les deux vignettes - la gare de Lyon, à Paris, et El Jem - et le plan marquent clairement le lien établi par la compagnie P.L.M. entre son réseau ferré français et les liens maritimes avec le Maghreb.


Ces liens prirent la forme concrètes d'associations économiques entre la compagnie P.L.M. et d'autres compagnies, qu'elles soient ferrées ou maritimes. Un exemple très concret en est la couverture d'une brochure de 1910 consacrée à l'Algérie, la Tunisie et l'île de Malte par la Compagnie Générale Transatlantique (C.G.T.) et les Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (P.L.M.). [L'illustration représente le paquebot Charles Roux (1909) quittant la rade d'Alger pour Marseille.]


On apprend aussi par un prospectus consacré à la Tunisie par la Compagnie des Chemins de Fer de Bône-Guelma et Prolongements, dans la première moitié des années 1910, que des billets permettant de faire des "voyages circulaires" "sont en vente dans toutes les gares françaises du réseau P.L.M. et les Agences de voyage". La compagnie P.L.M. pouvait donc vendre en ce début du XXe siècle des billets comprenant des trajets maritimes ou ferroviaires sur des réseaux autres que le sien, à charge pour elle de reverser les sommes dues aux compagnies empruntées respectivement par les passagers.

Les affiches des compagnies ferroviaires concernant le Maghreb ne sont sans doute pas les plus fréquentes mais les documents figurés précédemment montrent que ce type de support publicitaire a bel et bien existé. Il conviendrait donc de les valoriser tout autant que les autres affiches touristiques, en n'oubliant pas que les compagnies maritimes mais aussi les offices de tourisme et, quelques années plus tard, les premières compagnies aériennes ont également produit leurs affiches publicitaires. Voici par exemple une très belle affiche de la Compagnie Générale Transatlantique (C.G.T.) qui incite à la rêverie nocturne...


lundi 19 avril 2010

Premiers jours sans toi

Tu trouveras sans doute étrange que j'écrive ces quelques lignes. Je ne sais pas... je préfère les écrire comme ces lettres gravées sur un arbre ou un cactus et qui demeurent suffisamment longtemps pour témoigner de l'intérêt que se portaient deux êtres.

J'ai ressenti le vide de toi. Ce n'est pas encore un vertige mais déjà son esquisse. Je me suis vu en train de songer au temps depuis lequel je te connais ; je ne suis même plus capable de dire depuis combien de temps tu m'as fait l'impression de savoir qui je suis sans même me connaître. Je ne sais plus depuis quand je pense à toi comme à un doux rêve qui suffit déjà à me rendre heureux. Ce n'est pas si ancien, que je sache, mais l'impression est ainsi : un Temps qui s'étire, comme suspendu, au point que chaque heure est comme un siècle dans lequel s'enracinerait mon intérêt pour toi.

Me liras-tu ? Je le souhaite... Tu comprendrais un peu cette fébrilité qui est en moi et me désarçonne en ces jours que je passe éloigné de toi. Peut-être penses-tu également de ton côté à celui qui te l'a demandé ? As-tu vu cet oiseau blanc qui veille sur toi où que tu sois ? Crois-tu en ma sincérité ? Vois-tu à travers mon âme ? Es-tu le témoin de ce miracle renaissant ?

Samedi, j'ai entrevu le bonheur... il faisait doux... j'ai attrapé mon premier coup de soleil à la terrasse d'un café, en compagnie d'un charmant couple d'amis. J'étais rêveur... n'ai-je pas droit moi aussi à cette caresse délicate d'un cœur frôlant le mien ? Je me suis souvenu en les voyant à quel point cela doit être agréable... J'ai pensé à toi, encore et encore... à ton voyage que j'espérais sans encombres, aux joies qui t'attendaient. Tu t'éloignais et j'étais heureux... pour toi !

Je ne me suis pas éloigné pour ma part, les caprices de la Terre étant plus puissants que les nôtres. J'écoute un air d'Haendel... dans le noir... il n'y a que cette voix puissante à en pleurer qui chante la solitude... et moi... et Toi.

lundi 5 avril 2010

Le cyprès d'Alexandre

L'atmosphère las sombre et mon esprit se noie
Dans l'espoir étincelant d'un renouveau de joie,

Où tu empruntes l'antique sente de Didymes
,
Ô mon bel Héros, qui de l'Amour es l'Éponyme.
..

La frondaison délicate du cyprès d'Alexandre

Affranchit mon songe de ses longs méandres
;
À
ton avenir j'offre, sagement, cette mélodie
De mots tendres que mon âme légère traduit


En ce rameau de palissandre vibrant et frêle ;

J'éclos, renais et implose, digne fils de Cybèle,

D'un feu nourri de l'attente du signe de ta faveur.


Mes yeux se ferment...
je te vois, ô mon Cœur,
Désirant m'envelopper de tes saintes paroles,
Doux bras entrelacés, frisson du paradis d'Éole.

jeudi 11 mars 2010

Le quatrième anniversaire de ce blog

Ce jeudi m'a paru un jour plutôt banal. Je me suis levé comme d'habitude et j'ai raté mon train comme les autres jours de cette semaine. D'autres événements n'avaient cependant pas ce caractère banal ; je songe à l'une de mes collègues de bureau qui s'est mise à pleurer subitement pendant dix minutes ; je l'ai embrassée pour la consoler un peu. J'ai aussi dû lutter contre la technologie, mon ordinateur de bureau ayant décidé de ne plus fonctionner pendant une heure et mon ordinateur personnel ayant également été plus que désagréable à mon égard ce soir ! Le pas banal c'est aussi le mail de mon cher M*** et puis la perspective d'un petit travail annexe qui me sortira un peu du quotidien durant quelques jours.

Sur le quai du RER à la gare de Châtelet-Les Halles, je songeais ce soir à l'étrangeté de cette situation, cette vie à la fois banale et ponctuée de petites surprises... et puis cette dimension plus lointaine, ce mouvement à la fois plus ample et plus incertain que constitue l'existence de ce blog qui fête aujourd'hui ces quatre années d'existence.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi les précédents épisodes, j'ai créé mon blog le 11 mars 2006 pour répondre à la demande d'un ami tunisien qui a beaucoup contribué à me faire progresser sur le plan des nouvelles technologies ! Quatre années plus tard, j'ai gardé le même goût de l'écriture numérique ; j'écris avec un peu plus d'espace entre mes textes, un peu plus d'irrégularité aussi. J'avais besoin de sortir un peu du cadre rigide des origines avec un texte hebdomadaire qui apparaissait à l'origine dans la nuit du dimanche au lundi à minuit précise. Parfois aussi je crois que ce système était bon et que je me laissais moins aller que maintenant. J'ai moins de temps pour écrire et surtout moins de concentration ; je suis sûr que si je le pouvais, j'écrirais toujours autant. Ceci dit, je résiste assez bien à l'air du temps et il faut bien reconnaître que les blogs ayant quatre ans d'âge et toujours en activité régulière sont de plus en plus rares... à mon grand regret car j'ai perdu l'occasion de lire beaucoup de ces choses riches qui m'ont aidé à apprendre, à grandir un peu plus et surtout à faire des rencontres humaines. Cela reste vrai mais dans une mesure nettement moindre.

Je ne voudrais pas laisser planer une ombre de mélancolie sur ce jour qui me fait plutôt plaisir. Je me suis efforcé de partager autant que possible mes sentiments et connaissances ; je continuerai à le faire ici ou ailleurs avec, je l'espère, la même passion et la même force. Cet espace d'écriture m'a surtout permis de me libérer de beaucoup de choses d'une manière plutôt positive et il m'a également appris à mettre un point final à un texte ou encore un poème, quand j'étais auparavant souvent incapable de me satisfaire de mes écrits. J'ai relu et je relis encore souvent certains textes anciens et je suis heureux de me replonger dans mes pensées d'un moment donné ; c'est une sorte de mémoire vive, un catalogue des émotions. Il me rappelle tout ce que j'ai pu vivre ces dernières années et j'y retrouve en filigrane tout ce qui a changé ma vie. Ce blog a en partie changé ma vie ; c'est un fait qui n'est pas nécessairement très visible car, malgré ma facilité à extérioriser mes sentiments par écrit, je suis loin de tout dire. Peut-être est-ce là le secret de ma longévité sur la blogosphère ? Je suis attaché à ce qui m'a aidé à vivre et qui a contribué à me donner un visage singulier ici et dans ma vie de tous les jours ; je souhaite prolonger autant que possible ce doux état. J'adresse mes pensées tendres à toutes celles et ceux avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger ici ou ailleurs.

Mon premier texte évoquait une nuit tunisienne pleine de magie... mais ce n'est pas seulement la nuit que je songe à la Tunisie : c'est aussi le jour, chaque jour, aujourd'hui comme hier et demain... et comme disait le regretté Michel Berger "c'est peut-être un détail pour vous mais pour moi cela veut dire beaucoup !" L'histoire de Roumi, entre la France et la Tunisie... à suivre...