dimanche 28 février 2010

Vue aérienne de Tunis

J'ai trouvé il y a peu une intéressante vue de Tunis qui présente plusieurs particularités. La première est d'être une vue aérienne, probablement l'une des toutes premières pour Tunis :


La seconde particularité de cette carte est d'être inversée. L'usage de plaques de verres avec négatif ou positif puis celui des négatifs sur pellicules ou encore des diapositives a entraîné de nombreuses erreurs de ce type dans les publications. Si les supports numériques posent le problème de leur conservation à long terme, ils ont au moins le mérite d'éviter ces vues inversées ou de permettre de corriger rapidement les erreurs passées lorsqu'elles sont détectées par un œil averti. Voici donc la même vue mais dans le bon sens après manipulation informatique :


Tout a retrouvé sa place le long de cette fameuse avenue principale de Tunis qui a si souvent changé de nom ! On reconnaît déjà les monuments principaux de ce secteur de la ville européenne : le Marché Central avec son pavillon central (1890) ; la Résidence (1860), ancien consulat de France devenu siège du Résident Général sous le Protectorat et reconnaissable ici essentiellement à son parc ; la Cathédrale Saint-Vincent-et-Saint-Paul (1897) avec ses deux clochers en dur substitués au clocher en bois et garnis de cloches en 1910 ; l'emprise du triage de la Gare française ou Gare du Sud, actuelle place de Barcelone ; à proximité immédiate, à l'est, l'Hôtel de Ville de la municipalité tunisoise (1901) ; la Gare de Tunis-Marine au départ de la ligne du T.G.M. empruntant la digue au milieu du Lac de Tunis (1908). On pourrait certainement localiser d'autres monuments encore comme le Théâtre Municipal et le Casino Municipal, tous deux construits en 1902, mais la vue est plus lointaine et imprécise en raison de la perspective.

Il est toujours intéressant de pouvoir dater un tel document. L'énoncé des dates de construction des principaux monuments nous aide sans toutefois préciser suffisamment l'époque du cliché. Sans doute l'examen plus attentif de certaines constructions, notamment certains des imposants immeubles privés, nous aiderait. Il faut quand même faire intervenir un petit élément sur la vue... en descendant l'avenue qui portait alors le nom de Jules Ferry, inspirateur du Protectorat, se trouve une place qui lui était également dédiée. On distingue également la présence du monument qui a été élevé en sa mémoire, une statue accompagnée de celle de deux enfants. Cette statue ayant été érigée en 1911, il s'agit là sans doute de l'élément évident le plus "tardif" de datation.

Reste la carte postale en elle-même ; l'éditeur en est "Photo Soler, Tunis". F. Soler ouvre un atelier photographique à Tunis, sur l'avenue de France, peu avant le XXème siècle ; son activité photographique et d'édition de cartes postales sera reprise une dizaine d'année plus tard par ses neveux, les frères Pavia, et cela jusque dans les années 1930 a priori. C'est donc probablement entre 1910 et 1930 que cette carte postale a été éditée et le cliché date de la même période, sans que l'on puisse être beaucoup plus précis à l'heure actuelle.

Le dernier point concerne l'introduction de l'aviation en Tunisie puisque ce cliché a été réalisé depuis un objet en suspension au dessus de la médina de Tunis. L'aviation a été introduite de manière effective en Tunisie en septembre 1910 par Jean Dufour ; le premier passager, un journaliste de La Dépêche tunisienne, a volé en avion six mois plus tard dans la banlieue ouest-sud-ouest de Tunis, les essais aériens s'effectuant alors sur la sebkha Sijoumi. Le cliché pourrait également avoir été pris depuis un ballon gonflable ou un dirigeable. Le premier ballon gonflable a survolé Tunis dès le printemps 1909 avec à son bord un cinématographe tunisois. Les vols suivants, ouverts au public moyennant finance, ont pu embarquer tel ou tel photographe qui en aurait perçu l'intérêt pour réaliser des clichés innovants et sensationnels pour l'époque.

jeudi 18 février 2010

Coeur qui soupire...

Un dernier bruit cette nuit s'efface :
Ah vous donc, Chimères de la Vie,
À vos œuvres délavées au lavis,
Aux doux rêves où tu m'enlaces,

Mon cœur assoiffé de ton ombre...
J'erre au crépuscule, sans l'Étoile,
Hier promise, et qui, las, se dévoile
Timide parmi de tristes décombres

Quand on l'espère des plus vives.
Comprends-moi, comme je prie
De pouvoir te comprendre, ô Rive

D'espoir, mon beau Jardin fleuri !
Pardonne-moi ces pas maladroits :
Je suis faible... et tu me foudroies.

samedi 13 février 2010

Poème dépassé par les événements...

Gouttes dans l’Océan


Deux gouttes tintent dans l’Océan,

À l’unisson de ces cœurs pétillants,

Tandis que du même élan les ondes

Les embrasent, belles vagabondes,


De leur sourire d’écume voluptueuse.

Embarquées sur une nef aventureuse,

Les deux âmes fortunées s’éclairent

À la splendeur de l’éclipse annulaire :


Elle est leur promesse, leur horizon

Bienveillant, cette Terre de la Raison

Où les marins joyeusement abordent.


Air et Eau, leurs caresses s’accordent ;

Les éléments toujours se reconnaissent,

S’assemblent et puis enfin renaissent…